Hull, William

William Hull, soldat, gouverneur du Territoire du Michigan (né à Derby, Connecticut, le 24 juin 1753; mort à Newton, Massachusetts, le 29 novembre 1825). William Hull est surtout connu pour s’être rendu aux Britanniques, à Fort Detroit, dès le début de la Guerre de 1812 et pour avoir échappé de peu à la potence, en 1814, en raison de ses actes. Il connut une triste fin alors que toute sa carrière en tant que citoyen soldat avait été couronnée de succès dans ces États-Unis qui venaient de voir le jour.

Hull, diplômé de Hull en 1772, devint avocat et commença à exercer le droit la veille du déclenchement de la guerre d’indépendance des États-Unis. Il rejoignit les rangs de la milice et monta bien vite les échelons jusqu’à devenir lieutenant-colonel, fonction qu’il occupa en 1783 et 1784. Il prit part et survécut à de nombreuses batailles de la guerre d’indépendance, notamment les batailles de White Plains, Trenton, Stillwater, Saratoga, Fort Stanwix, Monmouth et Stony Point. Le général George Washington remarqua le jeune homme dans l’exercice de ses fonctions et nota sa conduite.

Après la guerre d’indépendance, Hull se lança dans la vie politique, et ce, jusqu’au déclenchement de la guerre de 1812. Il occupa les fonctions de juge et de sénateur avant de devenir, en 1805, gouverneur du Territoire du Michigan. Alors que la menace de la guerre planait en 1811, Hull hésitait entre un poste de commandement militaire et la poursuite de sa carrière en politique. Rassuré par son gouvernement qu’il conserverait son poste politique s’il rejoignait les rangs de l’armée, William Hull accepta le grade de brigadier-général.

Quand la guerre éclata, Hull prit la tête de troupes composées à la fois de soldats du 4e régiment d’infanterie et de la milice de l’Ohio. Il avait pour but d’envahir la région ouest du Haut-Canada. Il traversa les forêts touffues du Michigan et arriva à Detroit le 5 juillet. Il devint bien vite très prudent quant à ses prochains actes. Le gouvernement américain avait manqué de jugement et n’avait pas informé Hull que la guerre avait bel et bien été déclarée. Autre outrage, un navire américain avec à son bord des papiers personnels appartenant à Hull, qui détaillaient ses forces et ses faiblesses et qui mentionnaient l’effroi dans lequel le jetait la possibilité de se retrouver nez à nez avec les Premières Nations, alliées des Britanniques, était tombé aux mains ennemies. Alors que Hull se préparait à la dernière étape de son avancée, il se rendit rapidement compte que les Anglais étaient bien préparés et l’attendaient.

Le 12 juillet, Hull et ses hommes franchirent la frontière et arrivèrent au Canada. Hull ne fit rien d’autre que publier d’innombrables proclamations sur les horreurs qu’une guerre allait réserver aux troupes britanniques, autochtones et canadiennes qui allaient se trouver sur son passage. Ces proclamations eurent l’effet contraire à celui escompté sur la population et les troupes. Il ne fait aucun doute que leurs réactions encouragèrent vivement Hull à se retrancher derrière les murs sécuritaires de Fort Detroit.

Hull et la reddition de Détroit

C’est à ce moment-là que les choses allèrent de mal en pis. Les alliés autochtones rompirent les voies de communication de Hull, isolant ainsi ses troupes. À deux reprises, Hull et ses hommes essayèrent de se frayer un passage. En vain. Le courage de Hull devant la bataille qui s’annonçait commença à flancher, mais pas celui de son adversaire, le jeune et dynamique major-général britannique Isaac Brock. Avec des troupes bien moins nombreuses que celles de Hull, Brock traversa la rivière Detroit et commença à jouer au chat et à la souris, jeu qui allait lui permettre de remporter la victoire et qui allait signer la fin de la carrière de Hull. Les soldats autochtones s’étaient cachés hors de la vue, quelques salves d’artillerie avaient secoué le fort et Brock exigea la reddition de Hull. Et à son grand étonnement, il l’obtint! Le 16 août, Fort Detroit tomba aux mains des Britanniques. Hull expliqua sa décision en disant qu’il s’était rendu pour éviter le massacre par les Premières Nations des civils et des soldats dont il avait la charge. Cette explication ne suffit pas à ses subordonnés qui, n’ayant que mépris pour cet homme qui s’était rendu sans même se battre, le traitèrent de lâche. La véritable raison de sa reddition ne sera peut-être jamais connue, mais des historiens avancent que Hull s’était effondré nerveusement en raison du stress causé par ses fonctions de commandement.

Hull et la cour martiale

La reddition de Fort Detroit choqua le gouvernement de Washington et lui fit comprendre que cette guerre ne devait pas être prise à la légère. Après l’échange de prisonniers de Fort Detroit en 1814, Hull retourna aux États-Unis pour se présenter en cour martiale et répondre de ses actes. Les accusations portées contre lui étaient très graves : trahison, lâcheté, manquement à ses devoirs et mauvaise conduite. Il fut déclaré coupable d’avoir manqué à son devoir et de s’être mal conduit, et fut condamné à mort. Le président James Madison intervint toutefois. Se rappelant des états de service de Hull pendant la révolution, il suspendit la condamnation. Les années qu’il lui restait à vivre, Hull les passa en vain à essayer de faire éclater son innocence et à défendre sa réputation.

Manifestement très incompétent à un poste élevé de commandement, Hull échoua aussi doublement en raison d’un gouvernement qui ne s’était pas adéquatement préparé ni armé pour une guerre dans le Nouveau Monde.

Auteur : Jason Ridler

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