Bataille de Mackinac

L’île Mackinac est en fait le théâtre de deux batailles pendant la Guerre de 1812, l’une en 1812 et l’autre en 1814, et les deux se soldent par une victoire des Britanniques contre les Américains. L’île Mackinac se trouve à la jonction du lac Huron et du lac Michigan. Elle devient un avant-poste britannique en 1780 après l’abandon par ces derniers du Fort Michilimackinac, qui occupe aussi une position stratégique à la jonction des deux lacs, mais dans un endroit exposé de la pointe nord de la péninsule du Michigan. En 1796, selon les termes du Traité d'amitié, de commerce et de navigation, ou traité Jay, l’île Mackinac est cédée aux États-Unis. Les Britanniques établissent un nouveau poste 50 kilomètres plus à l’est sur l’île St. Joseph, près de l’embouchure de la rivière St. Mary. Les noms de « Mackinac » et « Michilimackinac » sont souvent employés sans distinction, mais ils désignent en réalité deux endroits différents.

La bataille de l’île Mackinac de 1812

L’île Mackinac est située en un lieu stratégique pour le contrôle du trafic maritime entre les lacs Huron et Michigan, l’accès au Nord-Ouest des États-Unis et le maintien des alliances avec les Premières Nations. Le major-général Brock, commandant du Haut-Canada, déclare qu’il entend s’emparer de l’île si la guerre devait éclater contre les États-Unis. Au déclenchement des hostilités, Brock envoie au capitaine Charles Roberts, commandant du fort St. Joseph, des messages contradictoires que ce dernier interprète comme un ordre d’attaquer le fort Mackinac.

Le 16 juillet 1812, avec 46 officiers et soldats du 10e Bataillon royal des vétérans, plusieurs canonniers de l’Artillerie royale, 200 commerçants de fourrures et 400 Autochtones à bord de bateaux et de canots, Roberts se dirige vers le poste américain. Ses hommes débarquent le lendemain et marchent sur trois kilomètres pour atteindre le fort. Le commandant américain, le lieutenant Porter Hanks, accepte l’offre de se rendre qui lui est faite. Hanks et les 61 hommes de la garnison sont faits prisonniers et envoyés à Détroit en liberté conditionnelle. La victoire permet aux Britanniques de consolider leur alliance avec les groupes des Premières Nations de la région. Mis au fait de la victoire des Britanniques, le brigadier-général William Hull met fin à ses efforts d’invasion du Haut-Canada et se retire à Détroit.

La perte de Mackinac et la défaite subséquente à Détroit sont des reculs importants dans l’effort de guerre des Américains. Ces derniers dressent presque immédiatement des plans pour gagner la suprématie sur le lac Érié, reprendre Détroit et prendre le fort Mackinac. Ils atteignent leurs deux premiers objectifs en 1813, mais doivent attendre 1814 pour chercher à atteindre le troisième.

La bataille de l’île Mackinac de 1814

La perte du lac Érié signifie la coupure de la ligne d’approvisionnement des Britanniques vers le fort Mackinac et le Nord-Ouest. Au début de 1814, le lieutenant‑général sir George Prevost, premier commandant de l’Amérique du nord britannique, ordonne la création d’une nouvelle voie de communication entre York et la baie de Nottawasaga, le renforcement du fort Mackinac et l’établissement d’une base navale dans la baie Georgienne. Pour Prevost, ces initiatives sont essentielles au maintien de la présence britannique dans le Nord-Ouest, à la préservation des alliances avec les Autochtones et à la préparation de la reprise du lac Érié en 1815. Les renforts arrivent au fort Mackinac avant les Américains.

Au printemps de 1814, le capitaine Arthur Sinclair de la marine américaine reçoit l’ordre de prendre la maîtrise des lacs situés en amont en reprenant le fort Mackinac et en vidant les lacs des forces navales britanniques. Sinclair dispose de deux sloops et de deux goélettes, ainsi que de 750 hommes provenant de trois régiments de l’armée régulière, de plusieurs artilleurs et de 250 miliciens de l’Ohio. Le contingent de l’armée est commandé par le lieutenant-colonel George Croghan.

Après avoir détruit le poste abandonné par les Britanniques sur l’île St. Joseph, les hommes de Sinclair lancent une attaque éclair contre un avant-poste sur la rivière St.Mary, près de ce qui est aujourd’hui Sault‑Ste. Marie. Sinclair arrive au large de l’île Mackinac le 26 juillet.

Le principal débarquement des Américains commence à 14 heures le 4 août. Un détachement de marins est aussi dépêché sur le versant nord-ouest de l’île. La garnison britannique est dirigée par le lieutenant‑colonel Robert McDouall et comprend 136 membre des Royal Newfoundland Fencibles, une dizaine d’hommes du 10e Bataillon royal des vétérans, 13 artilleurs, 37 Territoriaux du Michigan, 100 miliciens de l’île St. Joseph et 360 Autochtones. Mais MacDouall attend les Américains et construit un nouveau blockhaus et une palissade sur une élévation du côté nord du fort Mackinac, structures auxquelles il donne le nom de fort George.

Laissant derrière lui quelques hommes, McDouall quitte le fort avec le gros de sa garnison et va prendre position à environ un kilomètre au nord-ouest du fort George. Il dispose 140 soldats réguliers, 50 miliciens et deux canons de campagne sur une butte en travers d’une route. Les guerriers sont dissimulés dans les bois pour protéger les flancs. Pendant ce temps, Croghan progresse sur la route et place ses hommes en ligne.

La bataille commence vers 15 heures. Les Américains progressent lentement, tandis que les Britanniques tiennent leurs positions. Croghan envoie alors un détachement pour surprendre les Britanniques par le flanc. Le groupe qui s’approche du flanc gauche des Britanniques se bute à l’attaque féroce des Autochtones et doit reculer. Il s’ensuit un bref échange de feux, puis Croghan bat en retraite et regagne sa flotte vers 18 heures. Les Américains comptent 19 morts et 45 blessés, tandis que les Britanniques ne subissent aucune perte.

Sinclair laisse deux goélettes sur le lac Huron pour intercepter le trafic britannique et il retourne à Détroit. Les Britanniques capturent ces deux navires en septembre et la campagne américaine se solde par un échec. Les Britanniques quittent l’île Mackinac après la signature du traité de paix en 1815, et l’île est par la suite occupée de nouveau par les États-Unis.

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