Muir, Adam

Adam Charles Muir, officier militaire (né en Écosse en 1766 ou 1770; mort à William Henry, dans le Bas-Canada, le 11 mai 1829). À la fois courageux, compétent et résistant, le capitaine Adam Muir a servi pendant pratiquement toute la Guerre de 1812, participant à plusieurs batailles importantes et survivant non seulement aux combats armés, mais également aux blessures et à la capture. Il fut l’un des critiques les plus virulents du major-général Henry Procter, commandant britannique.

Muir s’enrôle dans l’armée britannique en 1788 et se joint au 41e Régiment de fantassins. Cultivé et instruit, il gravit rapidement les échelons, se voyant nommé sergent après seulement cinq mois, et atteignant le rang de lieutenant dès 1794. Il sert d’abord avec son régiment dans les Antilles, avant d’être affecté à Montréal en 1799. Nommé capitaine de son régiment en 1804, Muir ne ménage pas les efforts pour en faire une organisation solide et professionnelle. En 1811, le major-général Isaac Brock, reconnaissant que le régiment de Muir est l’un des meilleurs au pays, l’envoie dans le Haut-Canada, où il se trouve toujours lorsque la guerre contre les Américains éclate en 1812.

La carrière de Muir et la guerre de 1812

Passer en revue les péripéties de Muir au fil de la guerre de 1812 revient ni plus ni moins à énumérer les points saillants de ce conflit. Muir se bat à la traditionnelle, sur les lignes de feu, il participe à des raids et à des sièges, subit des blessures et des défaites et se fait même capturer. Au début de la guerre, il dirige le détachement de son régiment à Amherstburg, où de nombreux Autochtones partisans du chef de guerre shawnee Tecumseh s’allient aux Britanniques. Le chef indien lance alors contre les Américains des escarmouches qui mèneront à la bataille de Brownstown, en août 1812. Peu après, Muir et Tecumseh se retrouvent aux commandes de troupes britanniques et d’Autochtones lors de la bataille de Maguaga. Lorsque, dans le fracas des combats, certains croient entendre le signal de la retraite, Muir prend une décision qui s’avéra déterminante. Il rallie ses hommes pour stopper la progression des Américains et empêcher ces derniers de dégager une route pour approvisionner Détroit. Muir est blessé à Maguaga, mais récupère suffisamment rapidement pour reprendre du service et participer au siège du fort Détroit. Son rôle dans la victoire des Britanniques lui vaut d’ailleurs une médaille d’or.

La prochaine mission importante de Muir consiste à appuyer les forces autochtones dans leur attaque contre Fort Wayne, en Indiana, en septembre. Au début de l’engagement, Muir et les Autochtones ont le dessus sur les Américains, mais l’arrivée de forces fraîches ennemies les convainc de battre en retraite. Muir prend ensuite part aux batailles de Frenchtown, du fort Meigs et du fort Stephenson. C’est d’ailleurs au cours de ces affrontements que naissent chez lui et d’autres personnes des doutes quant aux qualités de meneurs du commandant de leur division, le major-général Henry Procter. Muir aurait même affirmé que Procter méritait la pendaison pour ne pas avoir combattu aux côtés de ses troupes au plus fort des hostilités.

À la Bataille de la Thames à Moraviantown, le régiment de Muir ne peut soutenir le feu des carabiniers du Kentucky. Muir est capturé et demeurera incarcéré au Kentucky quelques mois avant de recouvrer sa liberté à la faveur d’un échange de prisonniers. John Richardson, son ami et compagnon d’infortune, relatera à la fin du conflit les difficiles conditions de vie des prisonniers de guerre dans un essai intitulé « A Canadian Campaign, by a British officer ». En 1814, Muir est promu major breveté et prend le commandement de la milice dans le district de Grand River, dans la péninsule du Niagara. La dernière bataille à laquelle il participe pendant la guerre de 1812, celle de Malcolm’s Mills, en novembre 1814,  se solde par une défaite.

Après son retour en Grande-Bretagne, Muir subit une série de revers de fortune. Devenu infirme après une chute à cheval en 1816, l’ex-officier revient dans le Bas‑Canada, où les dettes et les blessures assombrissent les dernières années de sa vie. Il trouve refuge dans un hôpital militaire pour invalides et meurt en 1829, criblé de dettes, mais conservant de magnifiques souvenirs de sa carrière sous les armes. Malheureusement, peu de détails subsistent sur la vie personnelle d’Adam Charles Muir. Il ne fait cependant aucun doute que ce soldat coriace et intelligent a joué un rôle crucial, quoique quelque peu effacé, dans les victoires remportées par les Britanniques contre les Américains durant la guerre de 1812.

Auteur : Jason Ridler

Liens externes