Salaberry, Charles de

Charles-Michel d’Irumberry de Salaberry, officier de l’armée britannique et de la milice canadienne, figure militaire de la Guerre de 1812 (né à Beauport, dans le Bas-Canada, le 19 novembre 1778; mort à Chambly, dans le Bas-Canada, le 27 février 1829). À l’âge de 14 ans, de Salaberry s’enrôle comme volontaire dans le 44e Régiment de fantassins. En 1794, grâce à une faveur du prince Édouard Auguste, futur duc de Kent et ami de la famille, de Salaberry devient porte-étendard dans le 60e Régiment de fantassins.

De Salaberry au début de sa carrière

De Salaberry se distingue pendant son service à Saint-Domingue, en Guadeloupe et en Martinique avant d’être posté pour la première fois dans le Bas-Canada, puis il retourne dans les Antilles en 1797. À la fin de 1799, de Salaberry est promu capitaine et, en juin 1803, on lui confie le commandement d’une compagnie dans le 1er Bataillon du 60e Régiment de fantassins. Au début de 1806, de Salaberry est transféré au 5e Bataillon du 60e Régiment de fantassins, qui est dirigé par Francis de Rottenburg, un pionnier des tactiques liées à l’infanterie légère et aux fusiliers. De juillet 1806 à mars 1807, de Salaberry participe au recrutement. En juin 1810, de Rottenburg est posté dans le Bas-Canada et de Salaberry le suit en tant qu’aide de camp.

De Salaberry prend le commandement des Voltigeurs

En juillet 1811, de Salaberry obtient son brevet de major et, au début de 1812, comme la guerre contre les États-Unis semble imminente, il propose la formation d’un corps d’armée provincial, les Voltigeurs canadiens. Le recrutement commence en avril et l’unité devient sans doute la meilleure unité provinciale à servir pendant la guerre.

À l’automne de 1812, les Voltigeurs se rendent à la frontière du Bas-Canada que de Salaberry est chargé de défendre. Il dirige les forces qui repoussent les Américains à Lacolle en novembre 1812, défendent Odelltown en septembre 1813 et mènent un raid qui avorte contre le campement américain à Four Corners au début d’octobre 1813. Il est ensuite placé sous le commandement du major-général Louis de Wateville, un officier suisse au service des Britanniques dont le commandement s’étend à toute la frontière. Pour sa part, de Salaberry doit défendre le cours inférieur de la rivière Châteauguay.

Les Américains lancent une offensive majeure contre Montréal à l’automne de 1813. Une division de 3 700 hommes, commandée par le major-général Wade Hampton, se concentre à Four Corners sur la rivière Châteauguay, tout juste au sud de la frontière de l’État New York. Une autre division est prête à remonter le long du Saint-Laurent pour atteindre Montréal.

Hampton traverse la frontière le 21 octobre. De Salaberry a l’avantage de connaître le terrain qu’il doit défendre. Après l’attaque contre le campement de Hampton, il avait remarqué la présence d’un secteur boisé et marécageux avec des coulées à angles droits par rapport à la rivière Châteauguay. Apprenant que les Américains se dirigent vers ce secteur, il en fait une place forte. Il peut compter sur un mélange polyglotte de 1 800 soldats réguliers, membres des troupes provinciales, de la milice sédentaire et de conscrits, dont la plupart sont des Canadiens. Il peut aussi compter sur un contingent de guerriers des Premières nations. De Salaberry organise son effectif sur quatre lignes sur la rive ouest de la rivière. Une avant-garde de guerriers, de fantassins et de miliciens est placée devant la première ligne et une autre près d’un gué de l’autre côté de la rivière.

Les Américains attaquent dès l’aube le 26 octobre. Une brigade s’avance vers la position principale de de Salaberry, tandis qu’une autre se déplace le long de la rive opposée. Les deux sont arrêtées et battent prestement en retraite. Hampton retourne ensuite aux États-Unis. Une partie du plan d’attaque des Américains est contrecarrée, l’autre le sera à la Crysler’s Farm en novembre.

Les dernières années de service de de Salaberry

Le peu de reconnaissance que lui témoigne le lieutenant-général Prevost, premier commandant de l’Amérique du nord britannique, dans son compte rendu des événements met de Salaberry tellement en colère qu’il offre sa démission. Le duc de Kent intervient et de Salaberry reste dans l’armée. Il ne combat plus pendant la guerre et rend le commandement des Voltigeurs en 1814. Il quitte l’armée en 1815 et s’installe près de Chambly, où il devient propriétaire foncier et homme d’affaires prospère. Il reçoit la Médaille d’or de l’Armée pour son mérite à Châteauguay et est fait Compagnon de l’Ordre du Bain. Il devient aussi membre du Conseil législatif du Bas-Canada. Le service militaire a ruiné sa santé et il meurt en 1829 à l’âge de 50 ans.

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