Vincent, John

John Vincent, officier de carrière de l'armée britannique (né en 1764 en Irlande; mort le 21 janvier 1848 à Londres, Angleterre). On se souvient surtout de lui pour les efforts qu'il a déployés en vue de lutter contre l'invasion américaine des colonies britanniques, à savoir le Haut- et le Bas-Canada, pendant la Guerre de 1812. John Vincent entre dans l'armée britannique comme porte-étendard dans le 66e régiment de Foot en juillet 1781 et est promu lieutenant en août 1782. En décembre 1783, il est muté au 49e régiment de Foot et est promu capitaine en août 1786. Il prend part à de nombreuses expéditions à l'étranger, notamment aux Indes occidentales où il est témoin de la prise de Saint-Domingue, en Haïti en 1793, en Hollande en 1799 et à Copenhague en 1801 pendant les guerres qui opposent l'Angleterre à la France. Il est promu major en 1795 et en janvier 1800, il est nommé par brevet lieutenant-colonel.

John Vincent dans la guerre de 1812

En 1802, le régiment de Vincent est contraint de servir au Bas-Canada. Il sera bien vite affecté à neuf ans de garnison, principalement au Haut-Canada, à York (Toronto) et à Fort George (Niagara-on-the-Lake). Le déclenchement de la Guerre De 1812 poussa Vincent à conduire ses hommes à Kingston pour venir en aide aux troupes britanniques menacées. Comparativement à d'autres officiers qui servaient dans les Haut- et Bas-Canada, Vincent n'avait été que très peu exposé aux combats, mais il était tout de même considéré comme un commandant compétent. Ses premières armes en Amérique du Nord, il les fit sur les Grands Lacs quand le commodore américain Isaac Chauncey força le repli du HMS Royal George vers Kingston. John Vincent réussit à rallier ses hommes valides à la milice pour tenter d'empêcher l'attaque imminente américaine, et ce, malgré le peu de ressources dont il disposait pour les armer. Les batteries côtières tinrent Chauncey à distance jusqu'à ce que les vents tournent et lui deviennent défavorables.

La défense de la ville par Vincent et son régiment fut louée par le général Sir George Prevost, gouverneur des colonies. Vincent fut promu brigadier-général et fut envoyé à la frontière du Niagara pour remplacer le major-général Sir Roger Hale Sheaffe, souffrant, et pour prendre le commandement des 1900 soldats qui y étaient stationnés. Parmi eux, il y avait des miliciens découragés, enclins à déserter. Vincent observa les Américains qui commençaient à placer des batteries le long de Fort George où se trouvait le plus gros de ses troupes, un prélude à l'attaque. Il répartit ses hommes en trois divisions pour surveiller la frontière : la première commandée par le lieutenant-colonel John Harvey, la deuxième par le lieutenant-colonel Christopher Myers et la division centrale sous son commandement.

Le 24 mai, Fort George fut attaqué par le bombardement d'un canon naval américain et par les batteries côtières situées de l'autre côté du Niagara. Trois jours plus tard, 5000 Américains appartenant aux troupes terrestres débarquèrent à Two Mile Creek. Tout comme ce fut le cas pour la plupart des batailles de cette guerre, le commandant britannique, John Vincent, n'avait ni suffisamment d'armes ni suffisamment d'hommes. Il quitta Fort George, déchargea toutes les armes, détruisit toutes les munitions et s'enfuit avec ses hommes vers l'ouest, vers Burlington Heights (Hamilton). Les Américains prirent Fort George et envoyèrent 3500 fantassins et 150 cavaliers à la poursuite de Vincent et de ses hommes. Alors qu'il réfléchissait aux déplacements à venir de ses troupes, il fut promu major-général.

Vincent et la Bataille de Stoney Creek

Le 28 mai, le lieutenant-colonel Harvey rencontra Vincent pour lui faire part de nouveaux renseignements concernant l'avancée des Américains qui se reposaient alors à Stoney Creek et lui proposa une mission. Vincent accepta et proposa un raid nocturne, assez périlleux, pour tirer profit de l'élément de surprise. Harvey prit la tête du raid qui se solda par une brillante victoire pour les Britanniques et au cours duquel deux brigadiers-généraux américains furent faits prisonniers et deux pièces d'artillerie constituèrent le principal butin. Mais point de trace de Vincent. Il était tombé de cheval alors qu'il chevauchait seul vers le lieu de la bataille, s'était perdu en cours de route et avait fini par retrouver l'emplacement du campement une fois la victoire britannique acquise, une conclusion quelque peu gênante à un raid audacieux et couronné de succès. Vincent talonna lui-même les Américains qui se replièrent sur Forty Mile Creek, espérant recevoir des renforts et des ravitaillements. La victoire britannique contre les forces américaines sur le lac Ontario les empêcha de recevoir cette aide et les Britanniques se retirèrent à Fort George. Selon John Vincent, ce fut les efforts qu'il déploya qui lui permirent de bénéficier du soutien des habitants de la région et lui permirent de saisir les traînards et les vivres.

Un petit détachement américain de 500 hommes attaqua le poste avancé de Vincent près de Beaver Dams le 23 juin, mais une embuscade organisée par les guerriers autochtones les empêcha de porter un coup décisif aux Britanniques. Les Américains présentèrent leur reddition au subordonné de Vincent, le lieutenant James Fitzgibbon. Mais l'euphorie qui s'empara des troupes anglaises après les victoires à la frontière du Niagara fut de courte durée. La défaite des Britanniques à Moraviantown le 5 octobre força Vincent à abandonner sa position à Forty Mile Creek de peur que les Américains n'avancent sur Burlington Heights. Il n'y eut pas d'attaque et Vincent fut déployé à Kingston, le commandement de la frontière du Niagara étant confié au major-général Phineas Riall. En juin 1814, on confia le commandement de la garnison de Montréal à John Vincent, fonction qu'il assuma jusqu'à son départ pour l'Angleterre, en juillet, pour des raisons de santé. En reconnaissance des services rendus, il fut nommé lieutenant-gouverneur du château de Dumbarton, en Écosse.

John Vincent n'était ni doué comme Brock ni incompétent comme Procter, mais il fut un soldat fidèle, capable, qui travailla d'arrache-pied pour surmonter de difficiles obstacles et qui sut prendre les décisions qui s'imposaient. À la fin de la guerre, sa réputation s'était solidifiée comparativement à celle qu'il avait lors du déclenchement des hostilités, ce qui en soi n'était pas une mince affaire.

Auteur : Jason Ridler

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