Lieu historique national du Canada du Fort-Érié

Le lieu historique national du Canada du Fort-Érié commémore l’un des lieux stratégiques de la Guerre de 1812.  Il se situe à l’entrée de la rivière Niagara depuis le lac Érié, dans la partie sud-est de la péninsule du Niagara. Situé dans la ville de Fort Erie, en Ontario, le Vieux Fort Érié, ainsi qu’il est appelé, fut désigné lieu historique national en 1931, mais il appartient à la Commission des parcs du Niagara qui en assure l’entretien.

En 1901, la Commission des parcs du Niagara se vit octroyer un permis d’occupation par le gouvernement fédéral pour les terrains (7,1 hectares) entourant le fort. La Commission entreprit de réaménager ces terres en 1905, année au cours de laquelle un monument commémoratif en granit, haut de 9 mètres, fut également érigé sur ce lieu par le gouvernement de l’Ontario pour souligner le rôle du fort dans l’histoire du Canada et pour rendre hommage à tous ceux qui y moururent.

La rénovation de Fort Érié commença en 1937. Le financement de ces rénovations releva aussi bien du gouvernement provincial que du gouvernement fédéral puisqu’elles s’intégraient à un projet de travaux publics lancé pendant la crise des années 1930. Les travaux de rénovation prirent fin deux ans plus tard. En forme de carré, doté de bastions, de courtines et de bâtiments à la solide maçonnerie, le fort fut officiellement ouvert au public le 1er juillet 1939.

Un centre d’interprétation est sur le lieu, des visites guidées sont offertes aux visiteurs et diverses manifestations en costume d’époque sont présentées. Depuis 1986, une reconstitution historique du Siège du fort Érié a lieu une fois par an.

Histoire du fort

Les Britanniques bâtirent le premier Fort Érié en 1764 pour protéger leurs voies de communication le long de la rivière Niagara. Au début du printemps 1799, un violent orage propulsa d’énormes blocs de glace du lac sur le fort, causant des dommages irréparables. Un nouveau fort, construit au sud de l’emplacement du premier, subit le même sort au cours d’une tempête d’hiver dévastatrice, le 5 février 1803. Pour le troisième fort, les bâtisseurs furent plus sages : ils érigèrent le nouveau fort sur des hauteurs, derrière l’emplacement des deux forts précédents. La construction se déroula de 1804 à 1807.

Très tôt le matin du 3 juillet 1814, de nombreuses troupes américaines d’invasion qui avaient traversé la rivière du Niagara à Buffalo, New York, entourèrent le fort. Ne disposant que d’une petite garnison, le commandant de Fort Érié se rendit dans l’après-midi. L’avancée américaine dans le Haut-Canada fut bloquée 22 jours plus tard, lors de la Bataille de Lundy’s Lane, et l’armée américaine dût se replier sur le Fort Érié.

Les Britanniques, sous le commandement du lieutenant-général Gordon Drummond se présentèrent au fort au début du mois d’août et élaborèrent un plan pour attaquer les positions américaines. L’attaque fut amorcée à l’aube du 15 août. Après des combats intenses, les Britanniques réussirent à s’emparer du bastion situé au nord-est du fort, mais avant  que d’autres avancées n’aient lieu, une grande quantité de munitions entreposées sous le plancher en bois du bastion explosèrent soudainement. L’explosion fut meurtrière, de nombreux hommes perdirent la vie. Les Britanniques qui pouvaient encore marcher battirent en retraite. Malgré ces tragiques pertes, Drummond ne leva le siège que le 21 septembre.

Les Américains évacuèrent Fort Érié le 5 novembre 1814 et s’en retournèrent dans l’État de New York, en longeant la rivière Niagara. Avant de partir, ils détruisirent la plus grande partie du fort pour qu’il ne soit d’aucune utilité aux Britanniques. Le fort comme poste militaire ne sera jamais reconstruit et les troupes britanniques ne l’occuperont que sporadiquement jusqu’en 1823.

Les ruines du fort furent le théâtre d’une autre invasion par les troupes américaines dans la nuit du 2 au 3 juin 1866. Au cours de leur brève incursion au Canada, le colonel John O’Neill et ses partisans fenians y installèrent leur campement après la victoire qu’ils avaient remportée lors de la bataille de Ridgeway.

Auteur : Sherman Zavitz

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