Lieu historique national du Canada du Fort-Malden

Le lieu historique national du Fort-Malden, à  Amherstburg en Ontario, commémore deux forts construits à cet endroit par les Britanniques sur la rive est de la rivière Détroit: le fort Amherstburg, construit de 1796 à 1799, et le fort Malden, construit de 1815 à 1842. Les forts visent à protéger la frontière canadienne en cas d’attaque par les Américains. Pendant la Guerre de 1812, le fort Amherstburg constitue la principale base militaire sur le lac Érié.

En 1921, La Commission des lieux et monuments historiques du Canada désigne l’endroit lieu d’importance historique nationale. En 1939, un musée est construit sur une petite section du fort d’origine. Au fil des années, Parcs Canada agrandit l’aire protégée : les visiteurs peuvent maintenant accéder à la majeure partie du second fort. Le lieu historique national du Fort-Malden comprend une caserne restaurée de 1819, les vestiges des remparts de terre datant de 1840 et deux autres bâtiments. Des guides en costume d’époque aident les visiteurs à comprendre le passé mouvementé du site et à s’en imprégner grâce à des récits et à des démonstrations du mode de vie d’autrefois. Le fort Malden présente la plus importante collection d’artéfacts originaux de la guerre de 1812 et de la rébellion au pays.

Le fort Amherstburg

Les Britanniques occupent le fort Détroit depuis 1763 et continuent de le faire pendant treize ans à la suite du Traité de Paris, qui met fin à la Révolution américaine et qui situe Détroit dans le nouveau pays que sont les États-Unis. Ils abandonnent finalement le fort en 1796 conformément au Traité de Jay. Près de l’endroit où la rivière Détroit se jette dans le lac Érié, ils commencent immédiatement à construire un chantier naval et des ouvrages de défense militaires. L’endroit sert de quartier général à la division de droite de l’armée britannique dans le Haut-Canada et de station navale pour le secteur supérieur des Grands Lacs. Il s’agit également de la base principale du ministère britannique des Indiens pour l’établissement et le renforcement des alliances avec les Premières nations du secteur supérieur des Grands Lacs et de la vallée de l’Ohio.

Après la déclaration de guerre des États-Unis le 18 juin 1812, le fort joue un rôle essentiel. C’est à cet endroit que le major général Isaac Brock tient conseil avec le chef de guerre shawnee Tecumseh avant de lancer une attaque fructueuse sur Détroit, qui entraînera la reddition de l’ensemble du territoire du Michigan. Les Premières nations alliées se rassemblent alors au fort Amherstburg pour accompagner les soldats du 41e Régiment d’infanterie britannique et la milice canadienne dans des campagnes contre les Américains des États du Nord-Ouest.

À la suite de la Bataille du Lac Érié le 10 septembre 1813, les voies d’approvisionnement britanniques sont coupées, et le fort Amherstburg n’est plus tenable. Le major-général britannique Henry Procter ordonne à ses hommes de brûler le poste et de battre en retraite en aval de la rivière Thames. Les Américains occupent le fort (et utilisent le nom du canton, Malden) pendant le reste de la guerre.

Le fort Malden

Les Britanniques reviennent le 1er juillet 1815 et commencent lentement à rebâtir le fort en intégrant les vestiges des remparts de terre de la première structure dans les nouvelles fortifications, mais n’occupent qu’une petite partie du secteur. Dans la foulée des Rébellions de 1837, la garnison combat les forces rebelles en 1838 lors des batailles de l’île Fighting, de l’île Pelée et de Sandwich (Windsor). Le fort Malden est véritablement reconstruit pendant cette période. L’armée britannique continue de poster une garnison au fort jusqu’en 1851, époque à laquelle les troupes régulières quittent l’endroit et sont remplacées par des pensionnés de l'armée. Ceux-ci s’occupent du fort jusqu’en 1859, année où le poste est définitivement fermé.

Lorsque le fort Malden cesse d’être une installation militaire, le gouvernement de l’Ouest du Canada le convertit en « asile d'aliénés », rôle qu’il joue pendant les onze années suivantes. La propriété est plus tard divisée en lots résidentiels et industriels, et la plupart des bâtiments sont démolis ou déménagés dans un autre lieu.

Auteur : Ronald J. Dale

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