Bataille de Crysler's Farm

Cette bataille terrestre décisive dans l'issue de la Guerre de 1812 se déroule le 11 novembre 1813 dans un champ de ferme entre Morrisburg et Cornwall (Ontario), le long des rives du fleuve St‑Laurent. La bataille de Crysler’s Farm constitue la dernière tentative des Américains pour prendre Montréal. Beaucoup considèrent qu'il s'agit d'une défaite désastreuse pour l'armée américaine.

Camp de Crysler’Farm

Une imposante flottille de navires bien armés, dirigée par le général américain James Wilkinson, descend le fleuve St-Laurent pour aller rejoindre les forces du général Wade Hampton, qui avancent vers Montréal depuis le sud. Malade et incapable de remplir ses fonctions en raison d'une utilisation massive de laudanum, Wilkinson demeure à bord de son navire et délègue son autorité au brigadier général John Parker Boyd, un officier supérieur peu respecté venant du Massachusetts, qui prend alors la tête de la cavalerie, de l’artillerie et d’environ 2 500 soldats d’infanterie.

Une petite force britannique, dirigée par le lieutenant-colonel Joseph Wanton Morrison poursuit sans relâche les troupes de Boyd, beaucoup plus nombreuses. Grâce à la pression constante exercée par les Voltigeurs canadiens et les Mohawks de Tyendinaga, dirigés par Morrison, Boyd ordonne finalement à ses hommes de faire demi-tour et d'affronter l'ennemi. Le 10 novembre, il établit son quartier général dans une taverne locale. Morrison installe quant à lui son camp à moins de deux kilomètres à l’est de la position de Boyd, chez John Crysler, un riche loyaliste, capitaine de la milice de Dundas. Cette nuit-là, bon nombre de ces hommes dorment à l’extérieur, à la merci de la pluie et du grésil.

La bataille

Le lendemain, les troupes légères britanniques lancent une attaque contre les Américains, mais celle-ci est repoussée. Les tentatives des Américains pour traverser le champ échouent également, car l'infanterie est assaillie par les tirs des fusiliers expérimentés des 49e et 89e Régiments britanniques de fantassins, qui composent le plus gros de l'armée de Morrison.

Morrison bénéficie d'un avantage tactique pendant l'escarmouche. Les Américains sont obligés de franchir deux grands ravins pour atteindre le champ, lequel est malencontreusement blotti entre une forêt de pins marécageuse et le fleuve St-Laurent en plus d'être entouré de clôtures de perche. Sur le fleuve, une petite flottille de canonnières, sous les ordres du capitaine William Mulcaster, appuie la position britannique cependant que les directives contradictoires et incohérentes de Boyd exacerbent la confusion et l'indiscipline au sein de l'infanterie américaine. Lorsque l'artillerie et la cavalerie américaines arrivent enfin, la plupart des soldats ont déjà commencé à se replier et sont à court de munitions. Bien que l'artillerie américaine ait un effet dévastateur, elle se révèle incapable de contrer les efforts coordonnés de l'artillerie et de la mousqueterie britanniques, qui manient la baïonnette de façon redoutable. Boyd commande finalement le repli de ses troupes, ordre que Wilkinson niera plus tard avoir donné, et les troupes américaines se déplacent à French Mills pour y passer l'hiver, terminant ainsi la campagne sur une triste note.

Défaite américaine à Crysler’s Farm

Wilkinson se targuera plus tard d'une victoire américaine lors de la bataille de la ferme Crysler, mais sa carrière, déjà compromise, est sévèrement ternie par ce que la majorité considère comme une défaite ignominieuse. Bien que les troupes de Boyd affrontent une force britannique composée d'au plus 2 400 hommes, près de 340 soldats américains meurent ou sont blessés au combat tandis qu'une centaine d'entre eux sont faits prisonniers. Les troupes de Morrison souffrent aussi de cet affrontement sanglant; en effet, entre180 et 200 hommes périssent sur le champ de bataille. Malgré ces pertes, le chirurgien de l'armée britannique, William « Tiger » Dunlop décrira la victoire de Morrison comme « un brillant petit exploit ».

Voir aussi : Lieu historique national du Canada de la Bataille-de-Crysler

Auteure : Renee Lafferty

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