Prise du Fort Niagara

La prise du Fort Niagara les 18 et 19 décembre 1813 constitue une victoire des Britanniques sur les Américains dans le contexte de la Guerre de 1812. Les troupes américaines occupent le Fort George et le village de Niagara (aujourd’hui Niagara-on-the-Lake) dans le Haut-Canada depuis mai 1813. L’hiver approche et les conditions de vie des troupes américaines se détériorent; elles apprennent de surcroît que les Britanniques sont en marche pour reprendre le fort. Le fort est sous le commandement du brigadier-général George McClure. Avec à peine plus de 100 troupiers, McClure décide de battre en retraite au fort Niagara de l’autre côté de la rivière du même nom. Avant de partir, il donne suite aux instructions du secrétaire de la Guerre John Armstrong et détruit le village de Niagara.

L’incendie du village de Niagara

Dans la nuit du 10 décembre, les 400 habitants du village sont forcés de sortir de chez eux et les bâtiments sont incendiés. Le 12 décembre, les premières troupes britanniques arrivent; elles occupent le fort George et viennent en aide aux civils. Le lieutenant-général Gordon Drummond, nouveau commandant du Haut-Canada, est outré par la destruction du village et envoie à McClure une lettre tranchante dans laquelle il exige le nom de qui vient cet ordre. Bien que le gouvernement américain nie le geste de McClure, Drummond demeure très amer et lance à l’hiver de 1813-1814 une campagne qui met en ruine la frontière américaine. Et cette campagne commence par la prise du fort Niagara.

Revanche au fort Niagara

Le fort Niagara a été construit par les Français en 1670 et pris par les Britanniques en 1759. Il passe aux mains des Américains en 1796 et le fort George est construit sur la rive canadienne. En 1813, le fort Niagara consiste en un mur d’enceinte avec plusieurs ouvrages externes. À l’intérieur se trouvent deux redoutes de deux étages (les redoutes nord et sud) équipées de pièces d’artillerie et de plusieurs autres bâtiments destinés à de multiples usages. Le fort compte 27 canons, mais l’incertitude demeure quant à leur disposition. Le capitaine Nathan Leonard en assume de commandement et la garnison est composée de quelque 324 soldats réguliers et membres de la milice de New York. Malgré les avertissements concernant une attaque imminente des Britanniques, Leonard décide de passer la nuit chez lui, à deux kilomètres du fort.

Dès 22 heures le 18 décembre, le colonel John Murray traverse la rivière Niagara à la tête de 560 soldats réguliers répartis en deux groupes. Les bateaux sont pilotés par des hommes de la milice de Lincoln. Ils accostent en amont de Youngstown, surclassent les gardes et marchent un kilomètre pour atteindre le fort. Les sentinelles sont prestement réduites au silence et les Britanniques prennent le fort d’assaut par le portail ouvert, tandis que d’autres escaladent les murs du fort.

La garnison a très peu de temps pour réagir et la redoute nord est prise avant que les Américains ne puissent riposter. Plusieurs d’entre eux se barricadent dans la redoute sud et la caserne rouge; un feu nourri de mousquet provient des deux bâtiments. Un canon de 6 livres tire sur les Britanniques du haut du toit de la redoute sud. La caserne est rapidement vidée après plusieurs tentatives d’y pénétrer. On réussit finalement à défoncer la porte à l’aide de masses et de marteaux; un violent combat s’ensuit quand les Britanniques donnent l’assaut. Le capitaine David Davies du 100e Régiment de fantassins, qui commande les Britanniques pendant l’attaque de la redoute, ordonne à ses hommes de passer les défenseurs à la baïonnette.  La menace porte fruit et 64 Américains décident de se rendre. Peu après, la résistance est matée et le fort sécurisé. Le lieutenant-général Drummond arrive et prend le commandement du fort. Cette nuit-là, une autre unité commandée par le major-général Phineas Riall traverse la rivière Niagara et entame la campagne de représailles pour venger l’incendie de Niagara.

Les répercussions de la prise du fort Niagara

Une vingtaine d’Américains réussissent à s’enfuir dans la confusion qui entoure l’attaque du fort Niagara, tandis que 65 autres sont tués, 16 sont blessés et 344 sont faits prisonniers. Pour leur part, les Britanniques comptent six morts et cinq blessés. Ils prennent une grande quantité de fournitures, dont 4 000 séries d’armes. Plusieurs prisonniers canadiens et autochtones sont libérés.

Les Britanniques tiennent le fort jusqu’à la fin de la guerre.

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