Bataille de Fort George

Fort George est situé sur la rive ouest de la rivière Niagara, dans la ville de Niagara-on-the-Lake. Les Britanniques construisirent le fort entre 1796 et 1799 en remplacement de Fort Niagara (qui se trouvait sur la rive directement opposée) qu’ils avaient été forcés d’évacuer conformément aux conditions du Traité de Jay. Le nouveau fort servait également de quartier général à la Right Division de l’armée britannique, sous le commandement du général Sir Isaac Brock pendant la Guerre de 1812, et à la British Indian Department du Haut-Canada.

Les travaux d’édification de Fort George s’achevèrent en 1802, le fort devint alors le quartier général de l’armée britannique, de la milice locale et du ministère des Indiens. Montant la garde au-dessus de l’entrée vers la rivière Niagara, il était composé de six bastions en rondins et terre, reliés les uns aux autres par une palissade en bois et entourés d’un fossé à sec. À l’intérieur des murs, le corps des Royal Engineers avait construit un poste de garde, des fortins en rondins, un hôpital, des cuisines, des ateliers, des casernes, des quartiers pour les officiers et une poudrière en pierre. (Du fort original, il ne reste plus que la poudrière efficacement conçue et construite.)

Pendant la guerre de 1812, le Fort George devint le quartier général de la Centre Division de l’armée britannique, notamment des soldats réguliers britanniques, la milice locale, les guerriers des Premières Nations et d’une unité composée d’esclaves affranchis. C’est au Fort George que Brock exerça ses fonctions jusqu’à sa mort, à la bataille de Queenston Heights, en octobre 1812.

La bataille de Fort George

Dans un plan approuvé par les autorités militaires de Washington en 1813, le Fort George devait être la principale cible d’attaque, de même que Kingston, York et Fort Érié. Ainsi que l’explique le major-général Henry Dearborn, le plan consistait à « prendre York, de là, aller jusqu’à la rivière Niagara et attaquer Fort George aussi bien par voie terrestre qu’à partir de la rivière. » La petite flotte du commodore Chauncey commença à bombarder le fort le matin du 25 mai, mettant le feu à tous les bâtiments en rondins. Sous le commandement du colonel Winfield Scott, le débarquement d’assaut eut lieu tôt le matin du 27 mai 1813. Les défenseurs du fort se composaient de quelque mille hommes parlant plusieurs langues, issus des 8e et 49e régiments d’infanterie, de la compagnie des Royal Newfoundland Fencibles et de la Glengarry Light Infantry sans oublier près de trois cents miliciens.

Quand eut lieu le débarquement d’assaut, un détachement de soldats britanniques et autochtones essaya d’arrêter l’avancée ennemie, mais comme l’écrivit le major-général britannique John Vincent au gouverneur général Prevost, ils « furent obligés de rebrousser chemin, les tirs d’enfilade provenant des navires décapant tellement les plaines qu’il était devenu impossible de s’approcher des berges. » Chez les défenseurs, il y eut 52 morts et 306 blessés ou manquants à l’appel. Vincent décida d’abandonner le fort et de se soustraire à la portée des canons navals. Il apprit qu’environ 4 à 5 000 soldats américains tentaient d’écarter « [s]on flanc droit ». Il sabota ses canons, détruisit ses munitions et ordonna à ses troupes de traverser la rivière Niagara et de marcher jusqu’à Beaver Dams, puis Burlington. Bien qu’ils se soient emparés du fort, les Américains n’avaient toutefois pas remporté beaucoup, n’ayant pas réussi à affaiblir les troupes de Vincent

Les troupes américaines firent du fort une base à partir de laquelle ils pourraient envahir le Haut-Canada, mais ils furent repoussés lors des batailles de Stoney Creek et de Beaver Dams. Après avoir été occupé par les Américains pendant sept mois, le fort fut repris en décembre et demeura entre les mains des Britanniques jusqu’à la fin de la guerre. Après la guerre, le fort fut en partie reconstruit, mais dans les années 1820, il commença à tomber en ruines. Il fut finalement abandonné au profit de Fort Mississauga, installation plus stratégique, et des Casernes de Butler, bien mieux protégées.

Lieu historique national du Canada du Fort-George

Le site fut déclaré lieu historique national du Canada en 1921. Les plans originaux des Royal Engineers servirent à la reconstruction du fort entre 1937 et 1941. Depuis 1969, le site de Fort George est administré par Parcs Canada qui en a fait un site d’histoire vivante. Ce lieu historique est connu pour son personnel en habit d’époque, ses reconstitutions historiques et ses activités à caractère pédagogique.

Auteur : James Marsh

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