Bataille de Sackets Harbor

Pendant la Guerre de 1812, les troupes britanniques dirigées par le lieutenant-général sir George Prevost mènent un raid contre Sackets Harbor (NY) après avoir appris que l’escadron naval américain se trouvait à l’extrémité ouest du lac Ontario pour appuyer une unité des forces américaines dans la péninsule du Niagara. Le raid a pour but d’alléger la pression sur les forces britanniques dans la région et de détruire les magasins navals et un navire en construction dans le havre.

War_of_1812_13_Sackets_Harbor.flv
Un documentaire sur le Sackets Harbor Battlefield State Historic Site, dans le nord de l'État de New York, traite de l'importance du port en eau profonde de Sackett durant la guerre de 1812 (avec l'aimable autorisation du Sackets Harbor Battlefield State Historic Site).

Lancement du raid contre Sackets Harbor

Une mission de reconnaissance à la base navale américaine de Sackets Harbor confirme l’absence de l’escadron américain. Les 800 hommes de la force d’attaque proviennent des compagnies d’infanterie légère de huit régiments différents de la garnison de Kingston et comprennent 40 guerriers des Premières nations. Le commandement général du raid est confié au colonel Edward Baynes, tandis que le commodore sir James Lucas Yeo, à peine arrivé à Kingston avec un contingent de la Marine royale, prend la tête d’une flottille de cinq navires de guerre et 33 bateaux. Comme il est temporairement commandant du Haut-Canada, Prevost décide d’accompagner les attaquants.

La force mixte quitte Kingston à minuit le 27 mai 1813, mais peu après le vent tombe, ce qui  ralentit la progression de la flotte. Une goélette américaine aperçoit la force mixte et envoie un message d’alerte à Sackets Harbor. Le lendemain, la force expéditionnaire se trouve encore à 16 kilomètres de son objectif. Mais, ayant perdu l’effet de surprise, Baynes envisage d’annuler le raid, il décide cependant de continuer après la capture de 115 Américains venus par bateau pour prêter main-forte aux hommes de Sackets Harbor.

Les Américains avaient anticipé la possibilité d’une attaque et avaient préparé leurs défenses plus tôt au cours de la même année. Un abatis fait de troncs d’arbres effilés pointés vers l’extérieur encercle Sackets Harbor. La milice de l’État de New York garde le lieu de débarquement le plus plausible, tandis que les troupes régulières, appuyées par l’artillerie du fort Madison, protègent le havre. Les 1 500 hommes des forces de défenses sont appuyés par 17 canons.

Échec du raid

Les Britanniques commencent leur débarquement au petit matin du 29 mai et repoussent facilement la milice postée en défense. Baynes divise alors ses hommes en deux colonnes et s’avance vers le havre. La force de feu du soutien naval se limite à une goélette et deux canonnières. Yeo ayant décidé d’accompagner la force de frappe, la flotte se retrouve sans commandant et la plupart des 84 canons de l’escadron restent silencieux.

Baynes atteint bientôt la principale défense américaine, une position retranchée centrée sur trois casernes. La bataille est rude et les pertes s’accumulent. Avec seulement 300 hommes en état de combattre et trois officiers principaux incapables de poursuivre, Baines, ne sait que faire et se tourne vers Prevost. Craignant que le commodore Chauncey n’arrive et capture la force de frappe ou attaque l’escadron naval chargé de troupes, Prevost décide de battre en retraite. Pendant ce temps, les Américains redoutent une victoire des Britanniques et incendient leurs magasins et leur navire en construction.

Conséquences du raid contre Sackets Harbor

Prevost essuie la critique pour sa décision, car son plan était audacieux de lancer une attaque amphibie, la plus difficile de toutes les opérations militaires, avec la majorité de la garnison de Kingston et les hommes de la Marine royale, qui naviguaient pour la première fois à bord de ces navires et sur ce lac. Sur le plan tactique, le raid est un échec, mais sur le plan opérationnel il porte certains fruits. Quand Chauncey constate enfin les dommages subis par sa base, il décide d’y rester jusqu’à la fin de la construction de son nouveau navire. La séparation de l’escadron naval et de l’unité d’armée des Américains permet à Prevost d’envoyer Yeo avec des renforts dans la baie de Burlington; la force mixte frappe alors les Américains qui ne se sont pas encore remis de la Bataille de Stoney Creek, et les pousse à retraiter jusqu’au Fort George.

Les effets combinés du raid contre Sackets Harbor et de la bataille de Stoney Creek sont décisifs pour la sauvegarde du Haut-Canada contre les Américains qui y perdent peut-être leur meilleure chance d’atteindre leurs objectifs militaires pendant la guerre.

Auteur : John R. Grodzinski

Liens externes