Lieu historique national du Canada du Fort-York

Le lieu historique national du fort York est un site commémorant plusieurs installations militaires britanniques servant à protéger l’entrée du port de Toronto. Ce site de 17 hectares appartenant à la ville de Toronto et mieux connu sous le nom de Historic Fort York est désigné lieu historique en 1923.

Histoire du fort York

La construction d’une poudrière en pierre, de casernes en bois, de blockhaus en bois rond et de batteries de tir en terre commence en 1793 pour protéger le port des navires ennemis en temps de guerre.

Au début de la Guerre de 1812, les mesures de défense de York (Toronto) ne sont pas vraiment imposantes et peu de soldats y sont déployés par l’armée britannique même si le chantier maritime du port de Toronto revêt une importance stratégique. On croit alors que York est assez isolée et que la flotte britannique offre une protection plus que suffisante contre les Américains.

Toutefois, au printemps 1813, les forces de la marine américaine dominent stratégiquement le lac Ontario et réussissent à y naviguer sans être attaquées par la flotte britannique. Le 27 avril, ils lancent une invasion amphibie à partir de Sackets Harbor, dans l’État de New York, visant à prendre les navires britanniques et les bâtiments d’approvisionnement naval de York. Plus de 1700 Américains sont sous les ordres du brigadier-général Zebulon Pike et écrasent la garnison anglaise de 300 soldats réguliers britanniques, 500 miliciens et 50 membres des Premières Nations alliées sous le commandement du major-général Roger Hale Sheaffe à la bataille de York (voir le Pillage de York).

Alors que les Américains avancent vers la batterie principale britannique, Sheaffe ordonne à ses forces régulières de battre en retraite, de faire exploser la poudrière principale et d’incendier le bâtiment d’approvisionnement naval ainsi qu’un navire en construction. L’explosion tue beaucoup d’Américains, dont le général Pike. Une fois les forces de Sheaffe parties, la ville de York se rend aux Américains qui l’occupent jusqu’au 8 août, date à laquelle ils remettent le cap sur Sackets Harbor. Mais avant de partir, ils incendient les édifices gouvernementaux, notamment le parlement. En juillet, une escadrille américaine y retourne et incendie les édifices gouvernementaux qui n’ont pas complètement brûlé en mai.

À leur retour à York, les Anglais construisent une fortification sur les ruines des anciennes installations. À partir d’août 1814, les dispositifs de défense et les batteries de tir sont assez imposants pour empêcher une flottille américaine d’entrer dans le port.

Pendant la rébellion du Haut-Canada (voir Rébellions de 1837), le fort York sert de lieu de rassemblement à la milice locale. Bien que cette rébellion ne soit pas un franc succès, elle convainc les Anglais d’entreprendre des travaux de construction supplémentaires à Toronto. Au début des années 1840, New Fort « nouveau fort », plus tard renommé caserne Stanley, est construit un kilomètre à l’ouest et une petite garnison britannique y est postée jusqu’en 1869, année où le nouveau Dominion du Canada est désormais responsable de sa propre défense. La milice canadienne continue à utiliser les deux forts pendant le 20e siècle.

Historique du fort York

Le développement qui menace le vieux fort à l’aube du 20e siècle entraîne un tollé général devant la perte éventuelle de cette icône du patrimoine torontois. Par conséquent, le ministère de la Milice et de la Défense cède la propriété du fort à la ville de Toronto en 1909 à la condition que la ville conserve les structures historiques. La ville entreprend des travaux de restauration pendant la Crise des années 1930, et l’ouverture au public du « vieux fort York » en 1934 coïncide avec les célébrations du centenaire de Toronto. Renommé Historic Fort York dans les années 1970, ce lieu historique national comporte plusieurs bâtiments originaux, dont quatre ont été construits pendant la guerre de 1812. Des guides habillés en costumes d’époque, un centre d’accueil des visiteurs ainsi que des bâtiments remeublés au style du temps de la guerre de 1812 contribuent à faire connaître le fort et ses histoires hautes en couleur.

Auteur : Ronald D.J. Dale

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