Bataille de Lacolle Mills

Première escarmouche à Lacolle Mill, 1812

Cette première escarmouche à Lacolle Mill (aujourd’hui Lacolle, Québec) pendant la Guerre de 1812 marque la fin de la campagne américaine pour envahir le Bas-Canada et prendre Montréal à l’automne de 1812. Pendant l’été de 1812, le major-général Henry Dearborn rassemble 2 000 soldats réguliers et 3 000 miliciens à Plattsburgh (New York) en vue de l’offensive qui se prépare. Il arrive lui-même à Plattsburgh le 10 novembre, déjà très tard dans la campagne, et le 19 novembre il est à Champlain (New York). Le brigadier-général américain Zebulon Pike traverse la frontière du Bas‑Canada tôt le lendemain matin avec 650 soldats réguliers et un détachement de guerriers autochtones. Leur plan consiste à supprimer les alliés des Britanniques actifs dans la région, mais au lieu de cela, ils s’avancent jusqu’à un poste de garde britannique à Lacolle, où ils sont accueillis par une unité modeste composée de 25 miliciens et 15 Autochtones.

Les alliés, de loin inférieurs en nombre, ont tôt fait de battre en retraite, laissant les Américains détruire le poste de garde et plusieurs bâtiments avant que Pike et ses hommes n’atteignent la frontière. Le lieutenant-colonel britannique Charles de Salaberry ne tarde pas à répliquer à cette attaque avec une centaine de membres des Voltigeurs canadiens et 230 guerriers de Kahnawake, qui se lancent à la poursuite des Américains. Alors qu’il approche de la frontière, Pike et son unité doivent reculer quand ils essuient des tirs amis de la milice américaine qui font 2 morts et 12 blessés. Pike est contraint de rentrer à Champlain, et Dearborn, sentant venir la défaite, fait la part du feu et rentre à Plattsburgh pour l’hiver.

La bataille de Lacolle Mill, 1814

Après la désastreuse tentative américaine de prendre Montréal à l’automne de 1813, le major‑général James Wilkinson fait un ultime effort pour percer le front nord en mars 1814. Son plan consiste à amener 4 000 hommes de Plattsburgh (New York) et Burlington (Vermont) dans le Bas‑Canada. Sa Division comprend 11 régiments d’infanterie, le premier régiment de carabiniers américains, le régiment des Light Dragoons et 11 canons de campagne. Le brigadier‑général Alexander Macomb soutient l’opération en occupant brièvement Philipsburg (Bas‑Canada) le 22 mars.

L’unité de Wilkinson rencontre pour la première fois les Britanniques à Lacolle. La garnison sous le commandement du major Richard Handcock compte 180 soldats réguliers, un bataillon de Marines royaux, un détachement du corps d’obusiers des Marines royaux, et les Voltigeurs canadiens. Hancock positionne ses unités autour d’un moulin de trois étages situé sur la rive sud de la rivière Lacolle et d’une caserne en bois située sur la rive nord. Cinq cent cinquante autres membres des Marines royaux et de l’infanterie régulière sont en poste à l’Île-aux-Noix, 11 kilomètres plus au nord.

Wilkinson traverse la frontière tôt le 30 mars et occupe Odelltown. Vers 8 heures du matin, les Américains sont près de Lacolle. En début d’après-midi, Wilkinson envoie 1 200 hommes à l’ouest et au nord de Lacolle pour déborder les Britanniques et couper la voie vers l’Île-aux-Noix. La neige et les mauvaises conditions climatiques rendent le terrain difficilement praticable, et les Américains ne parviennent à mettre en position qu’un canon de 12 livres et un obusier. Le délai permet aux compagnies de flancs britanniques du 13e Régiment de fantassins de partir en amont de la rivière pour renforcer les positions à Lacolle. Les tirs d’artillerie de Wilkinson s’avèrent inefficaces, et son infanterie recule sous une pluie de balles.

Il s’ensuit un échange de feux nourri qui se solde par le retrait des Britanniques. Les Fencibles canadiens et les Voltigeurs entrent alors en scène, suivis de plusieurs alliés autochtones. Cette unité plus nombreuse se lance à l’assaut des canons américains qu’elle réussit à prendre et à enclouer avant que les Britanniques ne soient repoussés une fois de plus.

Les conditions climatiques se détériorent en soirée et Wilkinson doit mettre fin à son offensive. Du côté des Britanniques, 11 hommes sont morts, 46 sont blessés et 4 manquent à l’appel, tandis que chez les Américains, on compte 13 morts et 51 blessés. Cette autre défaite force les Américains à rentrer à Champlain, et signifie la fin de la carrière de commandant de Wilkinson. Il est remplacé par le major-général George Izard et renvoyé chez lui où il est traduit en cour martiale; sa carrière militaire est terminée.

Auteur : John R. Grodzinski

Liens externes