Bataille de Washington

Au cours du dernier été de la Guerre de 1812, les Britanniques renforcent leur présence dans la région de Chesapeake dans le but d’éloigner les forces américaines des frontières du Haut et du Bas‑Canada. Frustré par les dommages de plus en plus importants causés par l’invasion des troupes américaines, sir George Prevost donne l’ordre au général Robert Ross, à l’amiral Alexander Cochrane et à l’amiral George Cockburn de riposter et de « dissuader l’ennemi de répéter de semblables outrages ». À la fin d’août 1814, cette riposte se traduit par la prise et l’incendie de Washington.

Défense américaine à Washington

Malgré la forte présence navale des Britanniques dans la région, les Américains font peu d’efforts pour protéger Washington. En effet, le secrétaire américain de la Guerre, John Armstrong, est convaincu que la cible des Britanniques est Baltimore. Préoccupé par le coût croissant de la guerre, il hésite à faire intervenir la milice et demeure convaincu que les baïonnettes constituent un meilleur moyen de dissuasion que les barricades. La vulnérabilité de Washington est exacerbée par la décision du président James Madison, qui charge le général William Winder de protéger la région. Peu talentueux et inexpérimenté, Winder est un allié politique du président en plus d’être le neveu du gouverneur fédéraliste du Maryland. Les compétences inéprouvées de Winder, qui n’a que 500 soldats réguliers à sa disposition, se révèlent vite insuffisantes. Le secrétaire d’État, James Monroe, fragilise davantage leur position en ordonnant sans autorisation le redéploiement de la milice juste avant la bataille.

La course pour fuir Washington

Sachant leur ennemi mal préparé, les Britanniques remontent la rivière Patuxent et, le 18 août, débarquent environ 4 500 hommes près de Benedict (Maryland). Ces derniers avancent pratiquement sans entraves vers la capitale; les plus grands dangers qui les guettent sont la chaleur et l’humidité. Au cours de l’après‑midi du 24 août, ils atteignent la rive est du fleuve Potomac, à Bladensburg. Ils s’y heurtent à trois lignes américaines disposées à la hâte et mal réparties. Ces dernières se composent de soldats réguliers, de miliciens, de matelots et de marins, soit environ 7 000 hommes formant ce qu’on pourrait appeler une foule hétéroclite plus qu’une armée.

Avec une facilité surprenante, mais non sans pertes considérables (elles sont estimées à 250), les Britanniques percent les défenses américaines et prennent la ville. Sauf quelques exceptions de taille, les troupes américaines, y compris Madison et son administration, quittent la capitale en toute hâte. Le repli rapide des Américains sera plus tard surnommé les « courses de Bladensburg ».

La capitale en flammes

Dès qu’elles en prennent le contrôle, les troupes britanniques pillent ce qui reste de la ville. Grâce à sa prévoyance et à sa détermination, la femme du président, Dolly Madison, parvient à sauver bon nombre des documents du Cabinet et des trésors de la Maison‑Blanche. Néanmoins, l’ampleur des dommages est colossale. Bien que la plupart des résidences privées soient intouchées, la Maison‑Blanche, le Capitole (y compris la Bibliothèque du Congrès), l’édifice du Département du Trésor et le chantier naval sont tous incendiés avant le départ des Britanniques le jour suivant.

Conséquences politiques de la bataille de Washington

L’incendie de Washington joue un rôle central dans la proposition de déménager la capitale américaine dans les États du Nord, où elle serait mieux défendue. La proposition est rejetée par une faible majorité. À son retour, Madison essuie de sévères critiques pour le pillage de Washington, tout comme John Armstrong, qui est accusé d’avoir délibérément sacrifié la ville. Armstrong démissionne peu après, et James Monroe est nommé secrétaire de la Guerre.

La ruine laissée par les Britanniques leur attire de vives critiques non seulement de la part des Américains, mais aussi des politiciens d’Angleterre et d’Europe. Néanmoins, la majorité des Britanniques estiment que l’incendie de la capitale américaine n’est que la juste riposte contre l’incendie de York et de Niagara. D’ailleurs, celui‑ci fait encore la fierté de nombreux Canadiens, aussi incongru que cela puisse paraître.

Auteure : Renee Lafferty

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