Bataille de Baltimore

La bataille de Baltimore, qui se déroule du 12 au 15 septembre 1814 dans le cadre de la Guerre de 1812, se solde par une défaite britannique contre des forces américaines. L’abdication de Napoléon en avril 1814 permet aux Britanniques de renforcer leur présence en Amérique du Nord et d’envisager une série d’attaques contre les États-Unis dans le but de sécuriser les frontières des deux Canadas. Bien que les attaques principales soient lancées depuis les Canadas, des raids sont menés dans la région de la baie de Chesapeake pour créer une diversion. Les forces qui participent à ces raids comprennent la flottille de la Station de l'Amérique du Nord, dirigée par le vice-amiral sir Alexander Cochrane, ainsi qu’une brigade de l’armée, sous les ordres du major-général Robert Ross. Le contre-amiral George Cockburn dirige aussi une partie de la flotte.

À la suite de l’occupation de Washington par les Britanniques en août, Cochrane décide de se rendre à Baltimore (Maryland), troisième ville en importance aux États-Unis. Cette dernière constitue aussi un important centre industriel et de transbordement. Les raids menés précédemment par les Britanniques dans la région de la baie de Chesapeake poussent le gouvernement local à mieux former la milice et à renforcer les fortifications. Le major-général Samuel Smith de la milice du Maryland se charge de ces préparatifs.

Les préparatifs de guerre

Baltimore est située à l’entrée du port formé par le bras nord-ouest de la rivière Patapsco. Pour accéder au port, il faut franchir un petit goulet bloqué par une estacade et plusieurs péniches. Une flottille de 11 péniches, munies de deux canons chacune, en garde également l’entrée. Situé à l’ouest de l’entrée du port, le fort McHenry, construit en 1776, constitue la pierre angulaire des ouvrages défensifs. Équipé de 36 canons de 42 livres, il est occupé par 1 000 soldats, sous les ordres du lieutenant-colonel George Armistead. Une batterie est aussi installée de l’autre côté de l’entrée. Les approches terrestres à l’ouest du fort McHenry sont protégées par trois forts. En prévision de l’attaque britannique, on creuse une série de tranchées à Hampstead Hill, à l’est de Baltimore. Les tranchées s’étendent sur plus de 2 kilomètres et relient 8 batteries, lesquelles comptent un total de 62 canons. La Third Maryland Brigade, dirigée par le brigadier-général John Stricker, est affectée à ce secteur.

La flotte britannique atteint la rivière Patapsco le 10 septembre et, au petit matin le 12 septembre, les troupes débarquent à North Point, près de l’extrémité de la pointe Patapsco, à environ huit milles de Baltimore. En tout, 2 500 soldats et 1 300 fusiliers marins et soldats de la Marine royale descendent à terre. Alors que le débarquement continue, Ross se met en route avec l’infanterie légère et s’arrête quatre milles plus loin. La chaleur et l’humidité sont accablantes. En milieu de matinée, les troupes légères britanniques reprennent leur marche et rencontrent l’infanterie américaine. Vers 14 heures, Ross et Cockburn vont observer les combats, et Ross est mortellement blessé. Le colonel Arthur Brooke se précipite au-devant des troupes pour assumer le commandement et faire avancer la colonne.

La bataille de North Point

Stricker, dont la brigade est déployée sur toute la largeur de Patapsco Neck, continue de résister aux Britanniques. Il s’ensuit une courte bataille sanglante qui ne dure pas plus de 15 minutes, la Bataille de North Point, à l’issue de laquelle les Américains se replient. Brooke rapporte 38 morts, 251 blessés et 50 disparus tandis que Stricker rapporte 24 morts, 139 blessés et 50 prisonniers. Le lendemain, Brooke poursuit son avancée et peut désormais apercevoir Hampstead Hill, une position bien gardée selon lui.

Le bombardement du fort McHenry

Entre-temps, soit le 13 septembre, vers 8 heures, le célèbre bombardement naval du fort McHenry commence. En effet, au cours de la soirée précédente, 16 des navires à tirant d’eau réduit de Cochrane s’approchent à moins de 5 milles de la ville. Le lendemain matin, cinq navires bombardiers et un navire lance-fusées arrivent à deux milles du fort et ouvrent le feu. Les Américains ripostent, et les navires britanniques se déplacent hors de portée de tir avant de reprendre leur effroyable bombardement, qui dure jusqu’au lendemain matin. On estime qu’entre 1 500 et 1 800 obus de mortier sont lancés, dont 400 tombent directement sur le fort. À 3 heures, le 14 septembre, un navire comptant 1 200 hommes à son bord se prépare à prendre le rivage d’assaut à l’ouest du fort McHenry. Toutefois, les tirs en provenance des forts auxiliaires empêchent un débarquement.

Baltimore après la bataille

Alors que le bombardement se poursuit, Brooke demeure près de Hampstead Hill. Cochrane envoie un message à Cockburn dans lequel il remet en question la pertinence de la décision d’attaquer cette position. Lorsque Brooke prend connaissance de la lettre, il convoque un conseil de guerre et, après avoir examiné l’état des ouvrages défensifs, décide d’ordonner le retrait des troupes. Les Britanniques regagnent North Point et se rembarquent en milieu d’après-midi, le 15 septembre. Cochrane retourne à Halifax tandis que Cockburn et les troupes de l’armée se dirigent vers les Bermudes pour préparer la prochaine étape de la campagne. À la suite du bombardement, Francis Scott Key rédige un poème au sujet de celui-ci, lequel sera finalement mis en musique et deviendra l’hymne national américain (Star-Spangled Banner).

Les Britanniques avaient sous-estimé la solidité des ouvrages défensifs autour de Baltimore. La bataille de Baltimore permet aux Américains de retrouver confiance en eux, influe sur les pourparlers de paix en cours à Gand (voir Traité de Gand) et ternit la réputation de Cochrane et de Brooke.

Auteur : John R. Grodzinski

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