Pakenham, Edward

Edward Michael Pakenham, officier de l’armée britannique, figure militaire de la Guerre de 1812 (né dans le comté de Westmeath, Irlande, le 19 avril 1778; mort près de la Nouvelle‑Orléans, Louisiane, le 8 janvier 1815). Le 28 mai 1794, à l’âge de 16 ans, Edward Pakenham devient lieutenant du 92e Régiment de fantassins. Quelques jours plus tard, il est promu au grade capitaine puis, le 6 décembre, il devient major du 33e Régiment des Light Dragoons. Il sert en Irlande pendant le soulèvement de 1798 et, en 1799, il est fait lieutenant‑colonel du 64e Régiment de fantassins. Pakenham part pour les Antilles en 1801, et il est blessé pendant la prise de Sainte‑Lucie en juin 1803.

En 1805, Pakenham devient lieutenant‑colonel et se joint au 1er Bataillon du 7e Régiment des Fusiliers royaux. Il commande ce bataillon à Copenhague en 1807 et traverse avec lui en Nouvelle‑Écosse en 1808. Pakenham sert auprès de sir George Prevost à Sainte‑Lucie et en Nouvelle‑Écosse avant de prendre part aux Guerres napoléonniennes.

États de service en Amérique du Nord pendant la guerre de 1812

Pakenham n’est pas intéressé à prendre part à la guerre qui se déroule en Amérique du Nord, mais en octobre 1814, il est désigné pour prendre le commandement de la campagne contre la Nouvelle-Orléans à la suite du décès à Baltimore du commandant initial, le major-général Robert Ross. Le but des Britanniques est de prendre le contrôle de l’embouchure du Mississippi et de contester la légalité de la vente de la Louisiane. La tâche de Pakenham se complique du fait que ses forces sont dispersées entre l’Angleterre et l’Amérique du Nord. Il souhaite arriver au rendez-vous en Jamaïque avant que les troupes n’aient pris le large. Mais le sort en décide autrement. Des vents contraires retardent son arrivée jusqu’à la mi-décembre et une brigade de 5 000 hommes commandée par le major‑général John Keane ainsi que la flotte sous le commandement du vice‑amiral Alexander Cochrane ont appareillé pour la Nouvelle‑Orléans deux semaines auparavant.

Pakenham rejoint l’armée le jour de Noël alors qu’elle n’est qu’à 14 kilomètres de la Nouvelle‑Orléans et il réorganise son commandement en plusieurs brigades. Le 28 décembre, il envoie un fort détachement en reconnaissance pour tester les défenses américaines qui s’avèrent très étanches. Le 1er janvier 1815, Pakenham tente sans succès une percée dans la ligne d’artillerie des Américains. Il décide alors de se lancer dans une attaque délibérée.

Pakenham élabore un plan compliqué fondé sur le recours à quatre brigades. L’une sous le commandement du général John Lambert forme la réserve. Une autre dirigée par le major-général Samuel Gibbs, commandant en second de Pakenham, se voit confier l’attaque principale contre le centre-gauche de la défense américaine. Au même moment, une brigade d’infanterie légère doit ouvrir une brèche sur le flanc droit des Américains, tandis qu’une autre brigade sous le commandement de Keane doit suivre et profiter de cette brèche pour passer à l’attaque et gagner le cœur des défenses américaines. Sur la rive opposée du Mississippi, le lieutenant‑colonel William Thorton doit pour sa part prendre la batterie américaine qui pourrait faire feu sur le principal corps d’attaque des Britanniques et retourner les canons contre les lignes de Jackson. Pakenham engage quelque 5 400 hommes dans l’affrontement, tandis que les Américains, sous les ordres du major‑général Andrew Jackson, comptent 4 000 hommes en excellente position de défense. Les 600 mètres que les Britanniques doivent franchir à découvert, ils les franchiront sous une pluie de balles.

La mort de Pakenham

Au matin du 8 janvier, Pakenham apprend que l’unité de Thornton a pris du retard dans sa traversée du fleuve. Une unité beaucoup plus modeste que prévu parvient à traverser sur un transbordeur et à débarquer bien en aval du lieu choisi, mais elle réussit quand même à prendre les canons. Pendant ce temps, Pakenham continue son offensive. Les escarmoucheurs américains sont rapidement repoussés, mais les Britanniques se retrouvent sous le feu nourri des canons de Jackson. En s’avançant pour encourager ses troupes, Pakenham tombe, mortellement blessé. Gibbs et Keane sont aussi blessés, ainsi que de nombreux autres officiers. Lambert prend la relève et, malgré quelques brèches dans les défenses américaines, il décide de mettre un terme à l’affrontement. Les Britanniques se retirent, remontent sur leurs navires et gagnent le golfe du Mexique. La guerre prend fin en février.

La dépouille de Pakenham est rapatriée en Angleterre et inhumée dans la voûte familiale à Killucan, Westmeath, Irlande.

Auteur : John R. Grodzinski

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