Bataille de North Point

Pendant la Guerre de 1812, la bataille de North Point qui se déroula le 12 septembre 1814 fut le prélude à une plus vaste bataille, la bataille de Baltimore. Modeste victoire pour les Britanniques, cette bataille permit aux Américains de renforcer leurs défenses dans la région pour éventuellement contrecarrer l’avancée britannique vers le Maryland.

Prélude à la bataille de North Point

Depuis mars 1813, les forces navales britanniques sous le commandement du contre-amiral George Cockburn avaient pris position dans la baie de Chesapeake dans le but de forcer les Américains à reculer et à défendre leur capitale le long du littoral maritime au nord-est plutôt qu’à lancer des attaques au Canada. Toutefois, les Britanniques ne voulaient pas se contenter d’opérations navales. Le major-général anglais Robert Ross, qui avait combattu dans les Guerres napoléoniennes avait choisi une brigade d’hommes qui s’étaient battus avec Wellington en Europe et un bataillon de fusiliers marins pour aller semer le désordre en territoire américain et au sein des troupes américaines tout au long de l’été. Il avait réussi à battre les troupes hâtivement formées au Maryland et dans le District de Columbia et après avoir remporté la victoire à la bataille de Bladensburg, il avait incendié Washington. Ayant regagné les navires de la Marine royale, Ross et ses hommes se dirigèrent ensuite vers Chesapeake et vers le port de Baltimore dont l’emplacement était jugé stratégique. Le 12 septembre, Ross et ses troupes d’environ cinq mille hommes débarquèrent à North Point, au bout de la péninsule. De là, ils marchèrent résolument vers Baltimore.

La bataille

Le major-général Samuel Smith, commandant de la milice de Baltimore, avait prévu cette manœuvre et ordonna au brigadier-général américain John Stricker de prendre la tête de la 3e brigade, composée des soldats les mieux entraînés de Smith, pour s’atteler à la défense du territoire américain et se protéger contre les incursions britanniques. Apprenant que les Anglais n’étaient qu’à trois milles seulement de son quartier général, Stricker prépara sa défense entre Bear Creek et Bread and Cheese Creek. Avec deux régiments dotés de six canons à l’avant, deux autres servant de soutien et un en réserve, Stricker sut exploiter le terrain à merveille : les bois le couvraient et les marécages et fondrières sur sa gauche rendaient toute attaque de flanc britannique difficile.

Le 12 septembre, les Britanniques firent une halte pour se restaurer et Stricker en profita pour lancer une attaque dans le but de les attirer sur un terrain qui lui serait favorable. Avec ses 250 hommes, le major Richard Heath sema la zizanie chez les Anglais. Quand il eut vent de l’assaut, le major-général Ross se précipita pour donner l’ordre à ses hommes de défendre leur terrain plutôt que de pourchasser les Américains et ainsi attendre l’arrivée de renforts. Avant de mener ses hommes sur le champ de bataille, Ross reçut une balle en pleine poitrine. Il eut le temps de remettre les rênes du commandement au colonel Arthur Brooke avant de mourir. La bataille n’avait pas véritablement commencé.

Brooke entreprit de réorganiser ses hommes et prépara l’attaque contre les positions américaines. Il commença par lancer une pluie de tirs et de roquettes d’artillerie pour couvrir le 4e régiment qui allait tenter une attaque de flanc. Entre-temps, le principal front des soldats britanniques tenait bon devant ces incessants tirs d’artillerie américaine mortels. Parmi les projectiles, il y avait des boulets de canon faits de métal brisé, de clous et débris, une sorte de mitraille sophistiquée. L’artillerie britannique martela également les lignes américaines. Alors que le nombre de victimes augmentait, le 4e régiment attaqua sur le flanc, perturbant les lignes américaines et les forçant à s’éparpiller. Stricker réorganisa ses hommes et forma une ligne qui se retrouva à se battre, pendant une heure, nez à nez contre les Britanniques, le nombre d’hommes morts et blessés ne cessant de s’intensifier. Ses hommes se dispersèrent, il leur ordonna de battre en retraite et de retourner à Baltimore.

Brooke ne chercha pas à profiter de son avance sur les Américains. Ses troupes avaient subi beaucoup plus de pertes que l’ennemi américain et alors que la nuit tombait, il avait l’intention d’attendre jusqu’à ce qu’il ait vent de la reddition de Fort McHenry dans le port de Baltimore. Les espoirs de Brooke s’envolèrent quand les fusiliers marins ne parvinrent pas à détruire le fort. La mort de Ross, héros de la guerre d’Espagne, fut lourde à porter pour les soldats qui venaient de perdre un commandant maintes fois décoré. Brooke se prépara à marcher sur Baltimore. Ses espoirs allaient être cruellement déçus. La milice comptait plus de 200 000 hommes et elle avait en sa possession plus de 100 pièces d’artillerie. Brooke se prépara toutefois à lancer une attaque audacieuse, de nuit, sur les défenses de Loudenslager Hill; il lui fallait cependant le soutien des forces navales pour faire taire les tirs des canons du bastion de  Roger situé sur le flanc de l’attaque prévue. Le contre-amiral Cochrane lui fournit l’aide dont il avait besoin, mais ne parvint pas à faire taire les canons. Brooke annula l’assaut. Lui et les hommes qui restaient se retirèrent.

La bataille de North Point fut théoriquement une victoire britannique puisqu’elle força les Américains à se replier. L’incapacité cependant à profiter des succès de Brooke et les coûts engendrés en firent une victoire vide de sens. Il y eut 39 morts chez les Britanniques et près de 300 blessés. Les Américains, eux, recensèrent, 24 morts et 130 blessés.

Auteur : Jason Ridler

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