Bathurst, Henry

Henry Bathurst, politicien, figure politique durant le règne de George III et secrétaire d’état à la Guerre et aux Colonies durant la guerre de 1812 (né le 22 mai 1762; mort le 27 juillet 1834, à Londres, en Angleterre). Henry Bathurst étudie au Eton College et est immatriculé à la Christ Church d’Oxford. En 1783, alors lord Apsley, il accède à la Chambre des communes britannique, où il œuvre jusqu’en 1794, soit jusqu’à ce qu’il fasse son entrée dans la pairie à titre de 3e comte de Bathurst. Il occupe par la suite successivement divers postes ministériels dont ceux de lord au sein du Conseil de l’Amirauté de 1783 à 1789, de lord du Trésor de 1789 à 1791 et de commissaire du comité de contrôle de 1793 à 1802. En 1804, il devient maître de la monnaie, et est président du comité du commerce et maître de la monnaie durant le mandat du duc de Portland et celui de Spencer Perceval. Bathurst abandonne ces postes en juin 1812 pour devenir secrétaire d’État à la Guerre et aux Colonies sous lord Liverpool. En 1809, il occupe également les fonctions de secrétaire d’État aux Affaires étrangères pendant deux mois.

Guerres napoléoniennes

Bathurst fait partie d’un groupe restreint de ministres comprenant le premier ministre et le secrétaire d’État aux Affaires étrangères, qui établit les politiques étrangère, militaire et coloniale dans les dernières phases des Guerres napoléoniennes et de la Guerre de 1812. Il administre les rapports et traite les problèmes de tous les gouverneurs coloniaux. Il s’occupe notamment des plans de campagne et coordonne, avec divers bureaux, les besoins en armement, en transport, en financement et en soldats. Bathurst transmet de plus aux colonies les ordres et les instructions du gouvernement. Cela signifie que, dans les affaires militaires et civiles, il est le supérieur de sir George Prevost, le gouverneur en chef et capitaine-général de l’Amérique du Nord britannique, et ce, pendant toute la guerre de 1812, bien que ce dernier relève ultimement du Roi.

Pendant toute cette période, Bathurst soutient les gouvernements qui font de la lutte contre Napoléon Bonaparte leur priorité et qui demeurent euro‑centriques après la chute du général français. Il cautionne la guerre dans la péninsule ibérique et l’envoi subséquent d’un contingent aux Pays‑Bas pour y protéger les intérêts britanniques. Pour Bathurst et le gouvernement, la guerre en Amérique du Nord a une importance secondaire.

Compte tenu des réticences du gouvernement à engager de grandes ressources en Amérique du Nord, Bathurst approuve la stratégie défensive que propose Prevost pour l’Amérique du nord britannique en mai 1812. Il entérine en outre les décisions militaires de Prevost, notamment sa demande, en 1812, de remplacer le personnel de la Marine provinciale par celui de la Marine royale sur les Grands Lacs.

Décisions importantes influant sur la guerre de 1812

Bathurst résiste aux pressions voulant qu’il envoie à Prevost des renforts en grand nombre alors que la guerre fait rage en Europe, mais il est en mesure d’envoyer quelques unités additionnelles en 1812 et en 1813. Lorsque les affrontements prennent fin en Europe, Bathurst fait parvenir à Prevost de nouvelles instructions. Il lui demande notamment d’amorcer une série d’offensives d’envergure limitée visant à recouvrer les intérêts britanniques dans le Nord-Ouest, à affirmer la souveraineté de l’Angleterre dans les Grands-Lacs et à détruire les bases frontalières à partir desquelles les Américains pourraient attaquer le Canada. De plus, quelque 20 000 hommes supplémentaires sont acheminés en Amérique du Nord. Ces initiatives ne marquent pas un changement de stratégie complet et définitif, car Bathurst et le gouvernement britannique continuent de surveiller de près la situation en Europe, qui se dégrade à mesure que faiblit l’unité entre les alliés.

Prevost reçoit les nouveaux ordres uniquement en juillet et, compte tenu de l’avancement de la saison et des retards dans les projets de construction navale, une seule des opérations peut être lancée. En septembre 1814, Prevost dirige contre Plattsburgh, dans l’État de New York, une expédition au terme de laquelle son leadership fait l’objet de sévères critiques. Bathurst accepte des rapports non étayés déplorant le piètre rendement de Prevost durant l’offensive contre Plattsburgh et, considérant le mécontentement croissant exprimé par plusieurs personnes influentes ainsi que par la Marine royale, il décide de rappeler Prevost. Bathurst appuie en outre les accusations d’incompétence déposées contre Prevost par la Marine royale pendant l’été 1815, accusations qui demeureront non réfutées puisque Prevost meurt avant la tenue de son procès en cour martiale. Ces allégations non réfutées contre Prevost ont sans contredit influé sur la perception de sa conduite durant la guerre.

Bathurst ne se préoccupe pas très longtemps du rendement de l’ex‑gouverneur en chef car les affaires européennes reprennent le haut du pavé lorsque Bonaparte rentre en France en mars 1815 et qu’une autre coalition est formée contre lui.

Bathurst demeure secrétaire d’État à la Guerre et aux Colonies jusqu’en 1827 et sert plus tard dans le gouvernement du duc de Wellington. Il quitte définitivement ses fonctions en 1830 et succombe à une brève maladie en 1834.

Auteur : John R. Grodzinski

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