Downie, George

Capitaine George Downie, officier de marine, figure militaire dans la Guerre de 1812 (né à New Ross, Irlande; mort près de Plattsburgh, NY, le 11 septembre 1814). George Downie joint la Marine royale dans les années 1790 et est promu au grade de lieutenant en 1802. En 1808, il se voit confier le commandement d’une goélette postée dans la Manche où la capture de plusieurs corsaires français lui vaut une certaine renommée.

Les états de service de Downie dans le Haut-Canada

En 1814, Downie devient capitaine de vaisseau et est envoyé dans le Haut-Canada. Il arrive à Kingston en juin et se voit confier le commandement du HMS Montreal. Au mois d’août, on l’envoie brusquement remplacer le capitaine Peter Fisher qui commande la station navale de l’Île‑aux‑Noix sur la rivière Richelieu. Downie arrive le 1er septembre et prend officiellement le commandement deux jours plus tard.

L’escadron de Downie doit jouer un rôle important dans la campagne des Britanniques contre Plattsburgh (New York) (voir Bataille de Plattsburgh). L’offensive se veut une attaque préventive contre les forces terrestres et navales des Américains afin d’éliminer toute menace de leur part contre le Bas-Canada. Malheureusement, Downie arrive à son nouveau poste après que la division de l’armée et le premier commandant de la campagne, le lieutenant-général sir George Prevost, eurent traversé la frontière; les deux hommes n’ont donc pas l’occasion de se rencontrer pour dresser des plans. La construction du nouveau vaisseau amiral de Downie, le Confiance, n’est pas terminée et il décide de rester à l’Île-aux-Noix pour superviser les travaux. Il envoie ses autres navires et plusieurs canonnières à la rencontre de la division à Chazy sur le lac Champlain.

Les préparatifs de Downie

Il s’avère plus difficile que prévu de finir la construction du Confiance. Armé de 37 canons, il doit être le navire ayant la plus grande force de frappe sur le lac. Cependant, la soute à munitions n’est pas construite, il manque des parties de la superstructure et les canons sont dépourvus des platines nécessaires à leur mise à feu. De plus, l’équipage est incomplet. Les demandes d’aide au commodore sir James Lucas Yeo, premier commandant des forces navales intérieures, sont refusées. Une autre demande pour obtenir des platines est adressée à l’officier supérieur de la marine à Montréal, mais elle est aussi refusée. L’équipage est regroupé à la hâte, mais ses membres ont peu d’occasions de s’entraîner ensemble. Quand le Confiance quitte enfin l’Île-aux-Noix le 8 septembre, la soute à munitions n’est toujours pas terminée, il faut transporter la poudre dans une embarcation traînée en remorque, et sans platine, on doit utiliser des allumettes pour la mise à feu des canons.

Affrontement à Plattsburgh

Le 6 septembre, la division de gauche arrive à Plattsburgh et assiège la ville.  Prevost avait demandé à Downie d’attaquer les quatre vaisseaux américains et leurs canonnières dans la baie de Plattsburgh avant que la division ne passe à l’attaque. Les deux commandants communiquent par lettres et l’un ne semble pas vraiment comprendre les intentions de l’autre. Downie promet de lancer son attaque le 10 septembre, mais des vents contraires lui imposent un délai. La correspondance entre les deux hommes devient tendue et, dans leur échange final, Downie refuse de répondre à Prevost par écrit et donne plutôt instruction à l’aide de camp de Prevost d’informer celui‑ci qu’il attaquera le lendemain matin. Il part ensuite en reconnaissance de la flotte américaine et donne ses instructions à ses capitaines en vue de la bataille imminente.

Downie mène sa flotte dans la baie de Plattsburgh au matin du 11 septembre 1914. Les vents contraires compliquent les manœuvres visant à mettre le cap au nord pour croiser la flotte américaine. À l’amorce du combat, les Britanniques se trouvent donc en position désavantageuse. Le Confiance essuie un feu nourri et le brick Chub subit de lourds dégâts et doit capituler. Downie est mortellement blessé dès le début de l’affrontement. Les canonnières britanniques se font plutôt discrètes et le feu combiné des six galères et des quatre canonnières américaines suffit à leur assurer la victoire. Les deux escadrons sont lourdement touchés, mais avec la mort de Downie et les nombreuses pertes parmi l’équipage du Confiance, deux vaisseaux hors de combat et les canonnières disparues, les vaisseaux britanniques qui restent n’ont d’autre choix que de baisser pavillon.

Les répercussions de la bataille de Plattsburgh

Tout juste avant le début du combat naval, les troupes terrestres gagnent leurs positions d’attaque et se préparent à l’assaut. Craignant que les Américains victorieux ne coupent sa ligne de communication avec le Canada, Prevost annule l’attaque terrestre deux heures après la fin du combat naval. Le lendemain, il ordonne à la division de rentrer au Bas-Canada et laisse un fort détachement pour garder la frontière. Le commodore Yeo blâme Prevost pour avoir poussé Downie à livrer bataille et ensuite briser sa promesse de lancer l’attaque terrestre dès le début de l’affrontement naval. Les preuves documentaires indiquent que Downie a décidé d’attaquer de son propre chef, tandis que Prevost considère les deux attaques comme étant mutuellement exclusives. Pour sa part, Yeo ne reconnaîtra jamais sa responsabilité dans l’état de l’escadron du lac Champlain sur le plan de l’effectif et du matériel.

Downie est enterré au cimetière de Plattsburgh et, à la demande de sa belle‑sœur Mary, un monument fut érigé sur sa tombe en septembre 1843.

Auteur : John R. Grodzinski

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