Gordon, James Alexander

James Alexander Gordon, commandant de marine (né en 1782; mort en 1869). Marin de carrière parvenu à se hisser aux plus hauts échelons de la Marine royale, James Alexander Gordon s’est distingué dans les campagnes navales contre Napoléon avant de mettre le cap sur le Nouveau Monde pour se mesurer à la force navale américaine durant la Guerre de 1812.

D’abord engagé en 1793 comme aspirant de marine à bord du HMS Arrogant, Gordon participe à plusieurs batailles contre les Français, puis s’embarque sur le HMS Goliath comme second maître. Ce dernier navire fait d’ailleurs partie de la flotte commandée par le célèbre Horatio Nelson qui inflige une cinglante défaite aux Français à la bataille de Nile, en 1798. Gordon est par la suite nommé sous‑lieutenant du sloop Bordelais, chargé de protéger les navires britanniques dans les Antilles et qui engagera le combat avec trois bricks français, en capturant un en 1801.

Guerres napoléoniennes

Gordon a moins de veine durant son service dans les Caraïbes. Durant une mission en Haïti, il est capturé par le gouvernement, puis emprisonné pendant quatre mois. Une fois libéré, il redouble d’efforts et devient lieutenant du HMS Racoon, qui se distingue dans les Antilles en capturant la corvette française Lodi. Pour ses actions au combat, Gordon est promu commandant et nommé capitaine du Racoon. Il récolte ensuite de nombreuses victoires, mais son adversaire le plus coriace est la maladie, qui le suit tout au long de ses combats contre la flotte de Napoléon. Lors de la bataille de Lissa, il se fait briser le genou par un boulet de canon, et on doit lui amputer la jambe. Ne se laissant pas décourager, Gordon se fait installer une jambe de bois et repart en mer, effectuant diverses escortes jusqu’aux Antilles et appuyant le blocus de l’Angleterre contre la France, aux commandes de la frégate Seahorse.

Guerre de 1812

En 1814, Gordon met ses talents au service de la force navale britannique engagée contre les Américains dans la guerre de 1812. Il dirige avec succès une audacieuse expédition qui l’amène à remonter le fleuve Potomac, en août et en septembre. Son raid sur Alexandria et son attaque contre le fort Washington ont pour objectif de faire diversion pendant que le général Robert Ross dirige une attaque contre Washington. Gordon met d’abord 10 jours pour franchir les hauts-fonds Kettle Bottom (il racontera plus tard qu’en tout, les navires de sa flotte se sont échoués à 20 reprises lors de cet épisode!). Une fois en position, il lance ses navires bombardiers à l’assaut du fort Washington. Le commandant américain n’offre toutefois aucune résistance; au contraire, il encloue ses propres canons, détruit le fort et bat en retraite!

Pour éviter d’être mise à sac, Alexandria se rend et livre ses vastes entrepôts, ainsi que 22 navires marchands. Le raid proprement dit n’aurait pas pu mieux se dérouler. Cependant, comme il arrive parfois à la guerre, cette victoire tactique débouche sur un échec stratégique. Lorsque Gordon reçoit l’ordre de se rendre appuyer l’assaut de l’amiral Cochrane sur Baltimore, il constate que sa sortie du port ne sera pas aussi facile que son entrée. Dans un ultime élan de résistance, les Américains endommagent légèrement les navires de Gordon, mais plus important encore, ils les retardent considérablement. Gordon parvient finalement à se mettre en route et rejoint la flotte de Cochrane à la baie de Chesapeake le 9 septembre. Entretemps, Baltimore a renforcé ses défenses, et l’assaut de Cochrane se soldera par un échec. Bien que ce revers ne soit pas attribuable uniquement à l’arrivée tardive de Gordon, il n’en demeure pas moins que l’issue de l’affrontement aurait pu être différente si les renforts étaient apparus plus tôt.

Le dernier des capitaines de Nelson

Après la guerre, Gordon est nommé Chevalier commandeur de l’Ordre du Bain en reconnaissance de ses efforts déployés dans la guerre de 1812. Il demeure commandant navigant encore quelques années, puis se voit confier divers postes à terre dans la Marine, et se retrouve notamment à la tête d’un hôpital de la Marine royale. Il meurt à l’âge de 86 ans, alors amiral de la flotte, et certains disent de lui qu’il est « le dernier des capitaines de Nelson ». Certains historiens croient que Gordon a servi de modèle pour la création de héros fictifs comme Horatio Hornblower et Jack Aubrey. Cela est plausible, étant donné la personnalité forte et fougueuse de l’homme, mais il faut reconnaître que beaucoup d’autres vaillants personnages ont laissé leur marque dans les dernières années de l’âge de la voile.

Auteur : Jason Ridler

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