Lambert, John

John Lambert, officier de l’armée britannique, figure militaire de la Guerre de 1812 (né en 1772; mort à Weston House, Thames Ditton, Surrey, Angleterre, le 14 septembre 1847). Fils d’un officier de marine, John Lambert est nommé porte‑étendard du 1er Corps de gardes en 1791. En 1793, il devient lieutenant et capitaine, comme c’est souvent le cas dans les régiments de Corps de gardes. Il est adjudant du 3e Bataillon lors de la campagne de 1794 et mène son bataillon en Irlande pendant le soulèvement de 1798. Puis il sert aux Pays-Bas en 1799.

Lambert obtient le grade de lieutenant-colonel en 1801. Il sert dans les Guerres napoléoniennes et, en 1813, il est promu au grade de major-général et nommé commandant d’une brigade de la 6e Division.

Lambert à la bataille de la Nouvelle-Orléans

Mis au fait de la réussite de l’attaque contre Washington, le gouvernement britannique décide de donner plus de force à la campagne de la Nouvelle-Orléans et ordonne à la brigade de Lambert de joindre l’unité commandée par le major‑général sir Edward Pakenham. Lambert a déjà eu l’occasion de s’entretenir avec Pakenham et son commandant adjoint, le major‑général Gibbs, à la Jamaïque en décembre 1814 avant de poursuivre sa route dans le golfe du Mexique.

Début janvier, l’armée se trouve à proximité de la Nouvelle-Orléans, mais Pakenham croit avoir besoin de troupes supplémentaires et décide de reporter l’attaque des lignes américaines jusqu’à l’arrivée de Lambert et de sa brigade. Celui-ci se rapporte au quartier général de Pakenham le 3 janvier 1815 et sa brigade, composée des 7e et 43e Régiments, se joint à l’armée le lendemain. Pakenham peut maintenant compter sur 5 400 hommes pour lancer les hostilités au matin du 8 janvier 1815.

La brigade de Lambert, accompagnée en renfort du 14e Régiment des Light Dragoons à pied et du 1er Régiment des Indes occidentales, est mise en réserve. L’intention de Pakenham est de faire avancer Lambert derrière les brigades de tête, mais les lourdes pertes chez les officiers supérieurs retardent cette avancée. Gibbs souffre d’une blessure mortelle et lorsque Pakenham tombe à son tour, ses dernières instructions sont de confier à Lambert le commandement de l’armée. Lambert analyse la situation et consulte le vice-amiral Alexander Cochrane, puis conclut qu’il serait futile de lancer une autre attaque. Un bref cessez-le-feu permet aux deux armées de récupérer leurs blessés et d’enterrer leurs morts. Lambert retire son armée et reprend la mer le 18 janvier. La flotte bombarde ensuite le fort St. Phillip et poursuit sa route jusqu’à la baie de Mobile où elle prend sans coup férir le fort Bowyer voué à la protection des abords de la ville. Le lendemain, on apprend que le Traité de Gand, dont on attendait la ratification, a enfin été signé.

Retour en Europe

Lambert retourne en Europe à temps pour prendre le commandement de la 10e Brigade dans la bataille de Waterloo. Au départ de Gand, sa brigade se met en marche et arrive au champ de bataille au matin du 18 juin, tout juste avant le début de l’attaque; Lambert se voit alors confier l’intérim du commandement de la 6e Division. D’abord mise en réserve, cette division se voit appelée au cœur de l’action dans l’après-midi. L’un de ses bataillons, le 1/27e, essuie les plus lourdes pertes de toutes les unités britanniques au cours de cette bataille.

Lambert est promu au grade de lieutenant-général en 1825 et à celui de général en 1841. En 1833, Lambert écrit pour réfuter les accusations selon lesquels la campagne de la Nouvelle-Orléans était principalement motivée par le désir de s’emparer du butin. Sa lettre est signée par d’autres officiers qui étaient présents lors des événements et présentée au président américain le 14 juillet 1833. Depuis, les historiens écartent ou ignorent cet important document et continuent de répéter une histoire qu’aucune preuve ne vient étayer.

Auteur : John Grodzinski

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