Sherbrooke, John

Sir John Coape Sherbrooke Sir John Coape Sherbrooke, militaire, administrateur, gouverneur en chef de l'Amérique du Nord britannique (né à Nottinghamshire, Angleterre, en 1764; mort le 14 février 1830 à Calverton, Angleterre). Mieux connu pour avoir été le flamboyant gouverneur général de la Nouvelle-Écosse au cours de la Guerre de 1812, Sir John Sherbrooke est d'abord un militaire de carrière qui a réussi à faire fructifier ses dons pour la guerre et la politique pour les mettre au service de l'une des plus brillantes carrières au sein du gouvernement, dans le Canada d'avant la Confédération. Sherbrooke démarre sa carrière militaire en Grande-Bretagne en 1780, s'élevant au grade de capitaine en 1783. À la suite du démantèlement de son régiment, il demande à être affecté au 33e régiment de Foot, stationné alors en Nouvelle-Écosse.

Il retourne en Grande-Bretagne en 1794 et prend une part active aux combats menés contre les armées révolutionnaires de France. Il est promu major du 33e régiment de Foot en 1793 et lieutenant-colonel en 1794. Avec son régiment, il rejoint l'armée du duc de York en Flandre, alors en campagne contre les Français. Le mauvais temps empêche Sherbrooke et son régiment d'embarquer avec un corps expéditionnaire vers les Indes occidentales, mais il sera tout de même stationné en Inde, débarquant à Calcutta en février 1796. Promu colonel en janvier 1798, Sherbrooke prend part à la guerre de Mysore en 1799, il est l'un de ceux qui notamment assiègent Seringapatam. Il est malade pendant presque toute la durée de son séjour en Inde - il est à noter qu'à cette époque il n'est pas courant de prescrire de la quinine pour guérir la malaria. Il est obligé de retourner en Angleterre en 1800 pour reprendre des forces. Au lendemain de la reprise des hostilités par Napoléon contre les puissances européennes et contre la Grande-Bretagne, Sherbrooke prend, en 1803, le commandement du 4e bataillon de réserve stationné à Norman Cross.

Promu major-général au début de 1805, Sherbrooke est envoyé en Sicile et en 1807, devient commandant du régiment sicilien, ce qui lui ouvre les portes d'un poste diplomatique en Égypte. Il a la réputation d'être quelqu'un de très strict en matière de discipline, mais aussi de très qualifié pour commander une armée, débordant d'énergie tout en étant agressif et direct. En contrepartie, il est très rusé et s'il n'est pas homme de génie, il reste tout de même un militaire extrêmement apprécié. Après avoir servi dans les campagnes péninsulaires en Espagne où il acquiert la réputation d'être un officier passionné et dévoué, il est fait Chevalier commandeur de l'Ordre du Bain. Une fois de plus cependant, sa santé chancelante le force à retourner en Angleterre où bien vite, il est promu lieutenant-colonel et nommé lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse, le 19 août 1811.

Guerre de 1812

La carrière de lieutenant-gouverneur de Sherbrooke a été dominée par la Guerre de 1812. Avec des fortifications en mauvais état et parce que les ressources de la colonie étaient dirigées vers les besoins plus urgents des Haut- et Bas-Canada, les préparatifs de la Nouvelle-Écosse dans l'éventualité d'une guerre étaient dans un état de délabrement extrême. La colonie de Sherbrooke est vulnérable aux attaques, sans cesse confrontée aux dangers posés par les corsaires américains, elle est dépourvue d'armements, sa milice locale ne compte presque pas d'hommes, et elle dépend pour sa protection maritime de la Marine royale. En raison du blocus naval des côtes américaines, les conflits avec les vaisseaux américains comme avec la frégate Chesapeake se multiplient. Pour des raisons économiques et militaires, Sherbrooke décide d'émettre en 1813 une proclamation d'entente envers les États de la Nouvelle-Angleterre - décision audacieuse et controversée - où la guerre est impopulaire. Cette proclamation permet ainsi que les échanges commerciaux se poursuivent et que les escarmouches militaires diminuent, du moins l'espère-il. Cette entente, officialisée par l'émission de permis, est complétée par des échanges clandestins entre les deux régions. La Nouvelle-Écosse devient vite rentable. De solides activités commerciales s'accompagnent d'un accroissement de la contrebande puisque la demande de matériaux nécessaires à la guerre comme le bois augmente. Lorsque le vice-amiral Cochrane prend le commandement des forces navales britanniques en Amérique du Nord, il décide d'instaurer un blocus naval et par conséquent, d'anéantir l'émission de permis entre la Nouvelle-Angleterre et la colonie, préférant des gestes militaires plus résolus et abrupts aux mesures conciliatoires de Sherbrooke. Ce changement de stratégie revint à dire que l'expansion économique de la colonie, stimulée par la guerre, n'allait pas durer longtemps après que les canons devinrent silencieux en 1815.

Avec la défaite de Napoléon en Europe en 1814, l'Angleterre change de point de vue sur l'Amérique du Nord et demande à Sherbrooke de préparer une opération offensive destinée à l'occupation d'une partie de ce qu'est aujourd'hui l'État du Maine. Au mois d'août, Sherbrooke mène une force expéditionnaire, attaque la région contestée entre Passamaquoddy Bay et la rivière Penobscot et débarque à Castine. Ses troupes soumettent la région entre la rivière Penobscot et l'île Sainte-Croix. Il met sur pied une structure administrative militaire locale pour maintenir l'ordre et administrer la région maintenant occupée et retourne ensuite en Nouvelle-Écosse pour reprendre ses fonctions au gouvernement. L'occupation de huit mois permet à la colonie qui se débat dans de nombreux problèmes d'ordre financier de percevoir une somme importante en taxes et impôts, versée en partie au financement de la bibliothèque militaire de Dalhousie College.

Politique en Amérique du nord britannique

En 1816, Sherbrooke est promu gouverneur en chef et gouverne avec compétence et dynamisme, surtout relativement à toutes les questions de réforme constitutionnelle au Bas-Canada. Ses talents de diplomate et la facilité avec laquelle il noue des amitiés avec les hommes politiques et les réformateurs lui attirent des louanges. Le soldat, autrefois brusque, qui servit une grande partie de sa vie dans l'armée de l'Empire britannique, s'est mué en chef politique et administrateur efficace et compétent. En 1818 cependant, sa santé, aggravée par une attaque qui le paralyse, le force à prendre sa retraite en Angleterre.

Auteur : Jason Ridler

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