Boyd, John Parker

John Parker Boyd, soldat et mercenaire américain (né à Newburyport, Massachusetts, le 21 décembre 1764; mort à Boston, Massachusetts, le 4 octobre 1830). John Boyd mena une vie mouvementée et prit part notamment à l’une des plus sanglantes batailles de la Guerre de 1812. Le courage et la force étaient au nombre de ses qualités, mais d’autres traits de caractère contribuèrent à sa perte. Son entêtement fut à l’origine de sa défaite lors de la bataille de Crysler’s Farm en 1813 et son empressement aveugle à suivre les ordres conjugué à une intelligence quelque peu limitée lui valut le surnom de « Tippy Canoe », tel un canot qui tangue d'un bord et de l'autre, une pointe visant sa conduite lors de la Bataille de Tippecanoe et son incapacité à prendre une décision quand il devait se débrouiller seul.

Avant d’aller fortune à l’étranger, John Boyd étant trop jeune pour prendre part à la Révolution américaine,  s’enrôla dans l’armée d’après-guerre et ce, après la défaite des Britanniques sur le continent. Il partit donc en Inde et y sera mercenaire pendant 19 ans; la chance lui souriant, il se forgera une réputation haute en couleurs. Les conflits faisant rage dans les divers fiefs du sous-continent indien, un tueur à gages tel que Boyd avait l’embarras du choix. Il vendit donc ses compétences à plusieurs chefs de clan dans la région de Hyderabad. Son rôle était de rassembler des guerriers locaux, de les former et de les conduire au combat au nom de divers chefs, d’aucuns disent même que l’un de ses employeurs était une princesse indienne. Il revint aux États-Unis en 1808, s’enrôla dans l’armée à titre de colonel et accumula les cicatrices de guerre en terrain connu. Il fut commandant de brigade et commandant adjoint de celui qui allait devenir président des États-Unis, Henry Harrison, à la bataille de Tippecanoe, en territoire autochtone, en 1811. Il assumera le rôle de brigadier-général des troupes qui se battront contre celles des Premières Nations, menées par Tenskwatawa, frère de Tecumseh, dans cette bataille qui, selon les historiens, fait partie des batailles que Tecumseh mène contre les États-Unis et qui sera marquée par sa mort en 1813. Cette bataille fut une écrasante défaite pour les guerriers autochtones.

Guerre de 1812

Au début de la guerre de 1812, Boyd devint officiellement brigadier-général. Cette promotion n’avait pas grand-chose à voir avec ses compétences. Il se trouvait qu’à la suite de la mort de Peter Ganservoot en juillet 1812, son poste de haut gradé était vacant. Cette ascension dans la hiérarchie engendra nombre de problèmes pour Boyd dont la réputation commença à se ternir. Ses premières décisions à titre de haut gradé dans le cadre des batailles menées au nord du lac Champlain furent irraisonnées et mauvaises. En 1813, il avait remporté, à la tête de sa brigade, la Bataille de Fort George, fort dont il s’empara et où il installa sa garnison. Toutefois, la stupéfiante défaite des troupes américaines à Beaver Dams l’obligea à maintenir ses postes de défense et à ne pas s’asseoir sur ses lauriers.

Une série d’échecs

Malgré ses victoires, le nom de Boyd devint bien vite synonyme de défaite. Ses troupes, très indisciplinées, prirent part à la désastreuse campagne menée par le major-général James Wilkinson pour prendre Montréal. Il apparut de plus en plus clairement que Boyd n’était pas taillé pour être commandant, mais ce n’est que lors de la sanglante défaite de la Bataille de Crysler’s Farm en 1813 que son incompétence fut évidente. Wilkinson et son commandant adjoint, le major-général Morgan Lewis, étant tombés malades, Boyd prit donc la direction de l’attaque contre la petite troupe britannique. Il envoya ses 2600 hommes par vagues désorganisées et inefficaces se battre contre 1200 Canadiens et Britanniques, bien positionnés et protégés. Les Américains furent repoussés à maintes reprises jusqu’à ne plus pouvoir combattre et ils durent battre en retraite. Son incapacité à mener à la victoire des troupes dont le nombre était bien plus imposant que celui des troupes ennemies mit un terme à la carrière militaire de Boyd. Il n’assumera plus jamais de poste d’officier et sera réformé en 1815. Convaincu que cette décision était injuste, Boyd publia un compte rendu détaillant tous ses efforts de guerre cette année-là. Rien n’y fit.

John Boyd savait se battre et, s’il était bien encadré,  était capable de mener un régiment ou une brigade à la victoire; cependant, il était dépourvu des qualités qui font un bon commandant : l’imagination, l’esprit d’initiative et la détermination.
Auteur : Jason Ridler

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