Perry, Oliver Hazard

Oliver Hazard Perry, officier de marine américain, connu pour avoir été le héros de Lac Érié (né à South Kingston, Rhode Island, le 23 août 1785; mort en mer non loin de Trinité-et-Tobago, le 23 août 1819). Oliver Perry est né dans une famille à la longue tradition militaire, ayant surtout œuvré dans la marine. Son arbre généalogique regorge de marins et de soldats et remonte jusqu’à William Wallace, un rebelle écossais. Jeune, dynamique et né sous une bonne étoile, Perry se distingua au cours de la Guerre de 1812.

Les débuts de la carrière de Perry

À 14 ans déjà, Perry travaillait sur un navire. Lors de la Quasi War (quasi-guerre) entre les États-Unis et la France, Perry fit partie de l’équipage du navire de son père, fut témoin de combats en 1800 au large des côtes de Haïti et participa activement à la Première guerre barbaresque à bord de l’USS Adams avant de prendre le commandement du USS Nautilus pendant la prise de Derna. En 1812, il avait construit et pris la tête d’un escadron de chaloupes canonnières dans les Grands Lacs, mais il savait bien que s’il voulait obtenir un meilleur poste de commandement, un poste plus prestigieux, il allait devoir se battre. Son vœu se réalisa et il fut promu commodore de l’escadron du lac Érié. On lui ordonna de prendre la mer, de mener ses troupes au-delà des défenses britanniques installées au Fort Érié et de les placer sur le lac même. On lui donna également l’autorisation de construire deux autres vaisseaux pour sa flotte. Avec le premier vaisseau, Perry eut de la chance; avec le deuxième, il fit preuve de perspicacité; les deux lui permirent de remporter la victoire contre les Britanniques.

La guerre de 1812

La guerre dans les Grands Lacs était décisive : la puissance qui règnerait sur les lacs serait en mesure d’apporter soutien logistique et puissance d’artillerie marine aux troupes qui se trouvaient de part et d’autre de ces voies navigables. Perry se distingua par son commandement dans une série d’assauts maritimes pendant la Bataille du lac Érié en 1813, bataille au cours de laquelle il aurait prononcé cette phrase devenue depuis célèbre : « si la victoire peut être remportée, je la remporterai. » Sa flotte, moins imposante, confronta les troupes britanniques commandées par le capitaine Robert H. Barclay. Marin de carrière lui aussi, Barclay savait que sa position était fragile et essaya de la consolider. Il pressa ses supérieurs de lui fournir un soutien tant terrestre que naval pour empêcher que les lacs ne passent sous contrôle américain. Barclay savait que Perry disposait de bien meilleurs chantiers navals à Erie, en Pennsylvanie; il demanda alors que les troupes terrestres britanniques détruisent ces chantiers américains mais sa demande resta lettre morte.

Au cours de la bataille, Barclay fit des erreurs de jugement sur la position des Américains dans son théâtre des opérations et donna à Perry une occasion en or de décrocher la victoire. Le navire de Perry, l’USS Lawrence avait subi des dommages si importants que Barclay était convaincu que Perry se rendrait à l’évidence et capitulerait pour sauver son équipage. Barclay envoya une chaloupe vers le navire pour demander de baisser pavillon. Perry donna plutôt l’ordre de tirer ses canons une dernière fois avant d’évacuer le navire sous un déluge de tirs britanniques et de continuer le combat sur l’USS Niagara. Il emporta avec lui l’étendard de la bataille sur lequel était cousue la devise « N’abandonnez pas le navire! » À bord du Niagara, Perry poursuivit la bataille contre Barclay, il obligea le Britannique à se rendre, lui et sa flotte et assura une victoire nécessaire aux Américains. Le Canada était désormais susceptible de faire l’objet d’un assaut terrestre puisque les Américains avaient assis leur suprématie navale sur le lac Érié et qu’ils pouvaient protéger le territoire de l’Ohio. La reddition de la flotte britannique et l’entière victoire américaine sur le lac annonçaient une autre victoire essentielle pour les Américains dans cette guerre, celle de la Bataille du Thames [Moraviantown], sous le commandement du futur président américain William Henry Harrison, bataille au cours de laquelle les Britanniques furent humiliés et le chef des Premières Nations, Tecumseh, fut tué.

Héroïque ou tout simplement chanceux ?

Perry termina la guerre en héros bien que nombreux soient ceux qui pensent que ses élans de bravade furent aidés par une chance inouïe. En effet, si Barclay n’avait pas sous-estimé les Américains, la bataille du lac Érié aurait fort bien pu être remportée par les Britanniques et elle ne serait pas devenue synonyme de victoire écrasante des Américains, ce qu’elle devint et ce pour quoi elle est célèbre. Il n’en reste pas moins que Perry poursuivit une carrière dans la marine, il connut des succès en Amérique du Sud et dans les Antilles, il prit part à des expéditions au Venezuela, il élabora des stratagèmes pour combattre les pirates dans les eaux antillaises avant de succomber à la fièvre jaune. Il mourut le jour de son 34e anniversaire. La vénération des Américains envers Perry les a même conduits à donner son nom à de nombreux navires.

Auteur : Jason Ridler

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