Norton, John (Teyoninhokarawen)

John Norton (Teyoninhokarawen), chef mohawk, interprète au ministère des Affaires indiennes, maître d’école (né vers 1760 à Dunfermline, Écosse; décédé vers 1831). John Norton est né d’un père cherokee et d’une mère écossaise (qui s’appelait Anderson). Plus tard, Norton racontera que son père était un chef de guerre cherokee, mais en réalité, son père avait été enlevé par des soldats britanniques qui avaient saccagé le village cherokee de Kuwoki (épelé aussi Keowee), en Caroline du Sud.

Après des études à Dunfermline, John Norton s’engage dans le 65e Régiment d’infanterie britannique en 1784. Le régiment accoste au Bas-Canada en 1785 et en 1787, John Norton est envoyé à Fort Niagara (Haut-Canada). En 1788, il demande à quitter l’armée et travaille dans le commerce des fourrures de 1791 à 1795, sous la direction de John Askin, un commerçant américain installé à Fort Detroit. John Norton est alors interprète et négociant. Il traite avec les Premières Nations qui vivent au sud des Grands Lacs (Maumees, Wyandots, Shawnis). À la suite de la victoire de l’armée américaine face aux Maumees et leurs alliés lors de la bataille de Fallen Timbers (20 août 1794), Norton regagne le Canada.

Dans la région de Niagara, Norton travaille comme interprète pour le ministère des Affaires indiennes et c’est dans l’exercice de ses fonctions qu’il rencontre Joseph Brant. Admiratif des talents d’interprète et de négociant de Norton, Brant le persuade de se joindre aux Mohawks de la rivière Grand. Norton remet sa démission au ministère et Brant l’adopte, faisant de lui son neveu et lui octroyant le titre de chef diplomate. Il lui demande alors de négocier des ententes territoriales avec le gouvernement britannique. John Norton est assisté du fils de Joseph Brant, John, mais les deux hommes ne parviennent pas à conclure une entente favorable aux Mohawks de la rivière Grand. Au cours de ces négociations, John Norton est approché par la British and Foreign Bible Society qui lui demande de traduire l’Évangile selon saint Jean en langue mohawk. Cette bible sera publiée en 1806, premier ouvrage à être publié dans une langue autochtone.

Au printemps 1809, Norton se rend en territoire cherokee où il reprend contact avec les membres de sa famille paternelle. À son retour, il parcourt les territoires des Shawnis et arrive à la rivière Grand en juin 1810. C’est à cette époque qu’il rencontre Tenskawatawa et Tecumseh . Avec le déclenchement de la Guerre de 1812 qui oppose la Grande-Bretagne aux États-Unis, Norton est nommé capitaine par l’armée britannique. Il recrute des soldats mohawks, originaires de la rivière Grand, et les mène à la Bataille de Queenston Heights (13 octobre 1812). Après la mort de sir Isaac Brock au début de l’affrontement, Norton et ses troupes mohawks attaquent les troupes américaines. Cette attaque se révèle décisive puisqu’elle permet au général Sheaffe de gagner du temps avant de lancer une contre-attaque victorieuse et d’écraser les forces rivales.

L’année suivante, Norton et ses guerriers couvrent le repli des Britanniques vers Burlington Heights après la saisie de Fort Niagara par les Américains. L’avancée américaine est arrêtée à la Bataille de Stoney Creek (6 juin 1813).  Là, les Mohawks de Norton sont envoyés en éclaireurs avant que le brigadier John Vincent à la tête du 49e régiment ne lance une attaque de nuit, attaque qui est victorieuse. Quelques jours plus tard, les Britanniques infligent une autre leçon aux Américains lors de la Bataille de Beaver Dams (24 juin 1813), aidés par les guerriers mohawks de Kahnawake et de la rivière Grand.

Après la guerre, Norton et son épouse, une Lenape (Delaware) du nom de Karighwaycagh, se rendent en Angleterre où Norton se voit nommer major de l’armée britannique. Ils reviennent dans la région de la rivière Grand en 1816. En 1823, Norton est déclaré coupable d’homicide involontaire pour avoir tué en duel un homme qu’il pensait être l’amant de sa femme. Après cet incident, Norton disparait et aucune trace de lui n’est consignée dans les livres d’histoire. La dernière lettre qu’il aurait écrite date de 1826. On rapporte qu’il serait mort en octobre 1831, dans le nord du Mexique, mais aucune preuve n’a jamais été avancée.

Auteur : Doug Davis

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