Lieu historique national du Canada de la colline-Battle Hill

Le lieu historique national de la colline-Battle Hill, situé sur le terrain vallonné à l’ouest de Wardsville, en Ontario, rappelle le champ de bataille où eut lieu l’escarmouche au cours de laquelle un petit nombre de soldats américains repoussèrent une attaque britannique le 4 mars 1814, dans le cadre de la Guerre de 1812. En 1924, le lieu de la bataille de Longwoods fut désigné lieu historique national par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada qui érigea une plaque en bronze sur un cairn en pierre dans un petit parc en 1929. On peut voir le cairn de l’autoroute 2, il n’y a cependant pas de centre d’interprétation. L’Upper Thames Military Reenactment Society organise chaque année une reconstitution historique de la bataille.

Aperçu de la bataille

En novembre 1813, les Américains étaient maîtres de la frontière fixée par la rivière Détroit et les Britanniques avaient, quant à eux, installé de petits avant-postes à Port Talbot et dans le village de Delaware. Le 21 février 1814, une unité américaine composée de 180 soldats réguliers et miliciens à cheval commandés par le capitaine Andrew Holmes reçut l’ordre de quitter Amherstburg et d’aller chasser les Anglais de la région.

Au même moment, les Britanniques avaient prévu d’envoyer un détachement de guerriers des Premières Nations traverser le Michigan pour aller porter de grandes quantités de munitions à leurs alliés autochtones. Les Anglais pensaient créer une diversion en descendant la rivière Thames, du moins tel était leur plan. Le détachement britannique allait toutefois se heurter aux troupes de Holmes.

La bataille de Longwoods

Dirigés par Holmes, les Américains arrivèrent à la ferme de George Ward située à Twenty Mile Creek (qui porte aujourd’hui le nom de Battle Hill Creek) et installèrent leur camp en haut de la colline. Un petit groupe de soldats canadiens des Caldwell’s Rangers tira des coups de feu vers les Américains et se replia bien vite. Les Américains les pourchassèrent, mais découvrirent bien vite que le capitaine William Caldwell avait préparé une solide embuscade. Ils se retirèrent pour regagner leur position sur la colline de Ward et se mirent à renforcer leur campement à l’aide de rondins et de branches d’arbres tressées.

Apprenant l’escarmouche qui avait eu lieu entre Caldwell et les Américains, les troupes britanniques composées de 130 hommes du 89e régiment et du régiment Royal Scots et d’environ 20 soldats de la Kent Militia sous le commandement du capitaine James Basden furent envoyées rejoindre les hommes de Caldwell dans le but de harceler les Américains.

Basden voulait attaquer la position américaine, mais attendit qu’un groupe de guerriers autochtones le rejoignît. Beaucoup moins de guerriers que prévu arrivèrent et finalement, vers 17 h, Basden envoya 50 miliciens et rangers vers la gauche pour aller attaquer les Américains par derrière et plaça 28 guerriers autochtones protéger son flanc droit. Ensuite, avec les soldats réguliers, il lança une attaque frontale en traversant le ravin et en remontant la colline vers le campement américain. Les Britanniques furent assaillis par des tirs et ne purent atteindre les positions américaines. Le sol était très glissant et les Américains bien protégés  dans leur fort improvisé. Sur les six officiers britanniques qui prirent part à l’assaut, deux furent tués et deux grièvement blessés, notamment Basden. Après avoir constaté d’importantes pertes, 14 hommes tués et 51 blessés, le porte-drapeau Mills du 89e régiment, le plus haut gradé encore debout, ordonna le repli. L’assaut avait duré 90 minutes.

Les Américains avaient certes perdu peu d’hommes, 4 morts et 3 blessés, mais le nombre insuffisant de leurs hommes les empêcha de prendre le village de Delaware. À 20 h, le capitaine Holmes abandonna la colline pour se replier sur Amherstburg.

La stratégie britannique consistant à créer une diversion pour faciliter l’acheminement de munitions par des guerriers autochtones aux alliés avait échoué. Apprenant que les Américains avaient pénétré la vallée de la Thames, les guerriers autochtones qui craignaient une attaque de représailles sur leurs villages refusèrent les munitions.

Auteur : Ronald J.Dale

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