Lieu historique national du Canada de la Bataille-de-Beaver-Dams

Désigné en 1921, le lieu historique national de la Bataille-de-Beaver-Dams, près de Thorold (Ontario), est commémoré par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada depuis 1923 par l’intermédiaire d’un cairn en pierre orné d’une plaque en bronze installé sur le champ de bataille. Situé à l’actuelle intersection des rues Thorold Stone et Davis, à l’est du tunnel de Thorold, ce lieu marque l’endroit de la victoire remportée par les Premières Nations sur les envahisseurs américains, le 24 juin 1813, dans le cadre de la Guerre de 1812. La Bataille de Beaver Dams empêche les Américains de pénétrer davantage dans la péninsule du Niagara.

En 1976, le cairn est déménagé dans le tout nouveau parc de la bataille de Beaver Dams, à Thorold. Le monument en pierre, érigé en 1874, qui marque l’emplacement de la tombe des 16 soldats américains découverts pendant la construction du troisième Canal Welland est aussi déménagé dans le parc, et les restes des soldats y sont inhumés de nouveau.

Aperçu de la bataille

En mai 1813, une importante armée américaine prend le Fort George. Peu après leur victoire lors de la Bataille de Stoney Creek, le 6 juin, les Britanniques forment une compagnie composée de 48 soldats choisis parmi les hommes du 49e Régiment, laquelle est dirigée par le lieutenant James Fitzgibbon. Cette troupe, basée dans la maison du capitaine John B. De Cou, près de Thorold, utilise des tactiques de guérilla pour harceler l’armée américaine. Le 23 juin, le brigadier-général américain John Boyd, commandant du fort George, ordonne au lieutenant‑colonel Boerstler, du 14e Régiment d’infanterie, de prendre la tête d’une petite armée d’environ 500 hommes pour attaquer la position de Fitzgibbon.

L’armée de Boerstler quitte le fort George dans l’après-midi du 23 juin et s’arrête à Queenston pour y passer la nuit. Le 24 juin à l’aube, elle se met en marche vers la position britannique. Entre‑temps, 280 guerriers mohawks du Bas-Canada, 100 guerriers de la rivière Grand, ainsi que 60 Ojibways du lac Rice et de Toronto se joignent à la compagnie de Fitzgibbon. Des éclaireurs autochtones parviennent à suivre l’armée de Boerstler depuis le fort George et avertissent leurs camarades de l’avancée des Américains. D’autres Canadiens, notamment Laura Secord, informent aussi Fitzgibbon.

Alors que les Américains s’approchent d’une zone boisée près de Beaver Dams, les guerriers des Premières Nations leur tendent une embuscade : cachés dans les épais boisés et derrière des clôtures de fermes, ils ouvrent le feu sur les soldats américains. Quelques miliciens locaux se joignent à eux. L’action commence vers 9 heures et, à midi, les Américains ont déjà subi de lourdes pertes, soit 25 morts et 50 blessés, dont le colonel Boerstler. Les pertes autochtones s’élèvent à au moins 5 morts et 25 blessés.

À l’arrivée du lieutenant Fitzgibbon et de son détachement, les Américains hissent un drapeau blanc. Fitzgibbon tente de négocier leur reddition, mais c’est l’arrivée opportune de quelques Light Dragoons britanniques d’un détachement du ruisseau Twelve Mile qui convainc finalement les Américains d’accepter les modalités de la reddition de leur troupe de 512 hommes.

Les Premières Nations s’attendent à recevoir les armes et le matériel remis par les Américains, ainsi qu’une prime pour les prisonniers capturés, mais ce n’est pas le cas. Certains d’entre eux parviennent à subtiliser des souvenirs de bataille, mais leurs attentes sont déçues et le mérite de la victoire ne leur est pas attribué. Les Mohawks de Kahnawake, d’Akwesasne et de Kanesatake, piqués au vif, retournent chez eux. Le chef de guerre mohawk John Norton déclare : « les Indiens de Caughnawaga ont livré la bataille, les Mohawks ou les Six Nations ont mis la main sur le butin et Fitzgibbon a reçu les éloges. »

Auteur : Ronald J. Dale

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