Lieu historique national du Canada de la Bataille-de-Cook's Mills

L’affrontement qui eut lieu entre des troupes américaines et britanniques pendant la Guerre de 1812 prit le nom de Bataille de Cook’s Mills quelques années plus tard. L’assaut se déroula le 19 octobre 1814 à Cook’s Mills, une petite colonie qui fait aujourd’hui partie de la ville de Welland, en Ontario. En empêchant les troupes américaines de pénétrer dans la péninsule de Niagara en 1814, les Britanniques déjouèrent les plans américains de reprendre la frontière du Niagara.

La Commission des lieux et monuments historiques du Canada a désigné le champ de bataille de Cook’s Mills comme Site historique en 1921. Deux ans plus tard, une plaque résumant les principaux faits de l’escarmouche fut posée sur un cairn de pierres sur le lieu même de l’affrontement, à Cook’s Mills, à l’est de Welland, sur la Lyons Creek Road.

Aperçu de la bataille de Cook’s Mills

En juillet 1814, l’armée américaine s’était emparée de Fort Érié. Les Britanniques avaient assiégé le fort, mais levèrent le siège le 21 septembre, garantissant ainsi aux Américains la sécurité de leur tête de pont en sol canadien. Afin de se protéger contre de possibles avancées américaines, les Britanniques démontèrent les ponts qui enjambaient la rivière Chippawa et consolidèrent la rive nord du village de Chippawa (qui fait aujourd’hui partie de Niagara Falls ).

En octobre, les Américains dirigés par le major-général George Izard tentèrent une ultime fois de capturer la péninsule de Niagara avant que l’hiver ne s’installe. Ils avaient commencé par déplacer leurs troupes de Fort Érié vers la rive sud de la rivière Chippawa, de l’autre côté du fort britannique, dans l’espoir que les Anglais quitteraient leurs remparts et s’aventureraient sur le champ de bataille, mais le commandant britannique Gordon Drummond refusa de mordre à l’hameçon.

Izard décida alors de déplacer 900 hommes dirigés par le brigadier-général Daniel Bissell le long de la rive sud de la Chippawa pour trouver un lieu propice à la traversée. Il espérait que ce mouvement appâterait les Britanniques et les obligerait à quitter leur position à Chippawa. La petite troupe avança jusqu’à Cook’s Mills, sur les berges du Lyons Creek.

La bataille de Cook’s Mills

Des éclaireurs britanniques, des habitants de la région et des déserteurs américains furent en mesure de bien informer les Anglais quant aux déplacements et aux intentions des Américains. Le 19 octobre, le général Drummond envoya le lieutenant-colonel Christopher Myers, le quartier-maître adjoint du Haut-Canada, partir en reconnaissance avec 750 hommes pour repérer les positions américaines à Cook’s Mills. Parmi les hommes de Myers, il y avait des soldats des 82e, 100e et 104e régiments de la Glengarry Light Infantry, des artilleurs disposant d’un canon léger et un détachement de la compagnie de roquettes de la Royal Marine Artillery, muni de roquettes Congreve.

Les Américains s’étaient abrités dans les bois touffus qui se trouvaient non loin de Cook’s Mills. Myers donna l’ordre à ses hommes d’utiliser l’artillerie et les roquettes contre les Américains pour tenter de les inciter à sortir des bois et à former une ligne de bataille. Malgré ces efforts, une grande partie des troupes américaines ne quitta pas les bois. Myers constata alors qu’il était dans une impasse et qu’aucune bataille n’aurait lieu. Accompagné de ses hommes, il regagna le camp sur les berges du Lyons Creek, à quelques milles du feu de l’action. Les Américains ne le poursuivirent pas. Ils se contentèrent de saisir de la farine du moulin qui se trouvait à proximité et se replièrent vers Fort Érié.

Ce qui eut lieu à Cook’s Mills ne fut pas à proprement parler une bataille mais plutôt un échange de coups de feu pendant l’exploration de reconnaissance des Britanniques. Un soldat anglais fut tué, 35 autres blessés. Dans le camp adverse, il y eut 12 morts et 55 blessés, touchés surtout par les tirs de canon et de roquettes.

Les Britanniques reconnurent qu’il était préférable qu’ils conservent leur position stratégique à Chippawa alors que les Américains, pour leur part, constatèrent que rien ne réussirait à faire bouger les Anglais. La voie vers l’éventuelle conquête de la région de Niagara était fermée. Le 5 novembre, les Américains se replièrent vers Fort Érié et finirent par abandonner cette implantation en sol canadien.

Voir aussi : Frontière historique du Niagara

Auteur : Ronald J. Dale

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