Lieu historique national du Canada du Fort -Mississauga

Situé à Niagara-on-the-Lake (Ontario), le fort Mississauga est désigné lieu historique national par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada en 1931. Les Britanniques entreprennent la construction du fort Mississauga en 1813 afin de protéger l’embouchure de la rivière Niagara. Bien que celui-ci ne sera terminé qu’en 1823, soit après la Guerre de 1812, il joue tout de même un rôle pendant le conflit.

Parcs Canada est responsable de la préservation des remblais d’origine, de l’impressionnante tour en pierre et en brique, des poudrières et de la poterne. Un terrain de golf entoure le lieu, mais il est tout de même accessible. Il est seulement possible de visiter la tour sur rendez-vous. Les panneaux extérieurs et la vue sur les remblais permettent de bien saisir la nature stratégique du fort.

Histoire du fort

La pointe Mississauga est située à l’embouchure de la rivière Niagara, en face du Fort Niagara , occupé par les Américains. Il s’agit d’une position idéale en temps de guerre, car elle permet d’empêcher les navires ennemis de pénétrer dans la rivière. C’est à cet endroit que, en 1804, les Britanniques érigent le premier phare sur les Grands Lacs. Ils construisent également une petite batterie de tir à proximité de celui‑ci, à des fins défensives.

Lorsque les Américains déclarent la guerre aux Britanniques, le 18 juin 1812, ces derniers sous‑estiment la menace et se soucient peu de renforcer leurs défenses à Niagara (aujourd’hui Niagara‑on‑the‑Lake). L’invasion américaine repoussée lors de la Bataille- de Queenston Heights  oblige les Britanniques à renforcer leur position à la pointe Mississauga. Les travaux ne sont pas encore commencés lorsque, le 27 mai 1813, une importante armée américaine s’empare de Niagara à la suite d’une invasion amphibie. Durant la Bataille du Fort George, l’artillerie postée à la pointe Mississauga n’ouvre le feu qu’une seule fois avant d’être mise hors de combat. Les Américains occupent le fort George et la ville de Niagara pendant les sept mois suivants. Ils sont finalement expulsés le 10 décembre. La ville est incendiée lors du retrait des troupes américaines.

Les Britanniques reprennent Niagara le 11 décembre et s’emparent du fort Niagara huit jours plus tard. Ils prévoient renforcer le fort George, maintenir une importante force au fort Niagara et construire un nouveau fort sur la pointe Mississauga pour faire contrepoids au fort Niagara et protéger l’embouchure de la rivière. Lorsque le sol dégèle en mars 1814, ils commencent les travaux visant la construction d’un fort de terre en forme d’étoile muni d’une palissade, de fossés profonds et de batteries d’artillerie lourde. Ils entreprennent aussi la construction d’une tour en pierre et en brique, de deux poudrières, de casernes en bois et d’autres bâtiments. Le phare est démoli, et les matériaux récupérés de cette structure et des ruines de la ville sont utilisés dans la construction de la tour.

En juillet 1814, les Américains entreprennent une nouvelle invasion, prennent le Fort Érié et vainquent une armée britannique lors de la Bataille de Chippawa. Le 15 juillet, une importante force américaine fait une reconnaissance des positions britanniques à Niagara et planifie l’attaque des forts George et Mississauga. Les Britanniques ont connaissance des mouvements des troupes américaines dans les bois qui avoisinent la ville, et l’artillerie ouvre le feu depuis le fort Mississauga, sans toutefois infliger de pertes à l’ennemi, semble-t-il. La flotte américaine qui devait arriver en renfort ne se présente jamais, et les Américains se replient sur le fort Érié.

Niagara n’est pas sérieusement menacée pendant le reste de la guerre. La construction du fort Mississauga se poursuit, et celui-ci remplace le fort George à titre de principal ouvrage défensif à Niagara. Terminé en 1823, il ne sera occupé que sporadiquement au cours des 40 années suivantes.

Pendant le soulèvement des Fencibles (1865-1866), le fort est occupé par une milice, mais, à cette époque, il est déjà considéré comme désuet et n’est que très peu utilisé jusqu’à son abandon en 1867. Pendant la Première Guerre mondiale, le terrain de golf (construit en 1875) est fermé, et le Corps expéditionnaire canadien l’utilise pour s’entraîner.

Auteur : Ronald J. Dale

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