Lieu historique national du Canada des Hauteurs-de-Queenston

Le lieu historique national de la Bataille-des-Hauteurs-de-Queenston commémore une bataille qui s’est déroulée le 13 octobre 1812, lorsque l’armée britannique et la milice canadienne, appuyées de leurs alliés des Premières nations, ont repoussé une invasion de l’armée américaine sur l’escarpement du Niagara, lequel surplombe le village de Queenston. Lors de cette première campagne dans le cadre de la Guerre de 1812, les habitants du Haut-Canada prouvent aux Britanniques qu’ils ont l’intention de se battre pour défendre le Haut-Canada.

Les hauteurs de Queenston sont très vite reconnues comme un endroit sacré. C’est là qu’est construit le premier Monument de Brock, en 1824. De nos jours, les visiteurs peuvent se promener dans le magnifique parc de Queenston Heights, administré par la Commission des parcs du Niagara, grimper au sommet de l’imposant monument de Brock, le deuxième à être construit, et faire une visite guidée du champ de bataille. En 1968, la Commission des lieux et monuments historiques du Canada a désigné le champ de bataille lieu historique national.

Aperçu de la bataille

Le 18 juin 1812, les États-Unis déclarent la guerre à la Grande-Bretagne et préparent la conquête du Haut‑Canada. Pendant la première année du conflit, la stratégie américaine consiste, en partie, à s’emparer de Niagara (aujourd’hui Niagara-on-the-Lake, Ontario) dans le but de s’en servir comme tête de pont pour envahir et prendre la province. En octobre, les Américains ont regroupé une armée nombreuse du côté new-yorkais de la rivière Niagara, laquelle est dirigée par le major-général Stephen Van Rensselaer. Le major-général sir Isaac Brock déploie quant à lui sa petite force défensive le long des 55 kilomètres de la rivière Niagara. Brock sait que les Américains se préparent à attaquer, mais ne sait pas à quel endroit ni quand ils le feront. Sa stratégie consiste à placer des garnisons aux endroits vulnérables en attendant que les intentions des Américains se précisent. Il pourra ainsi regrouper les forces défensives lorsque le moment sera venu.

Le 11 octobre, les Américains commencent à embarquer des troupes à Lewiston (New York) dans le but de traverser la rivière Niagara et de se rendre à Queenston, mais cette attaque avorte. Deux jours plus tard, avant l’aube, l’invasion est véritablement lancée, et les défenseurs britanniques sont repoussés, ce qui permet aux Américains de prendre pied en territoire canadien. Au départ, Brock, qui est posté au fort George, craint que l’assaut prévu contre Queenston ne soit qu’un leurre, mais la férocité des tirs d’artillerie le convainc qu’il s’agit de l’endroit de l’invasion principale. Il se dépêche d’atteindre Queenston pour assumer le commandement des troupes, laissant derrière lui la majorité du contingent du fort, qui le rejoindra plus tard.

Peu après l’arrivée de Brock à Queenston, les Américains prennent la batterie du Redan, une position stratégique sur l’escarpement. Brock est tué au petit matin alors qu’il mène une contre‑attaque en vue de reprendre cette position clé.

Le major‑général britannique Roger Hale Sheaffe, qui dirige désormais les troupes, arrive avec des renforts depuis le fort George. Il mène ses hommes hors de portée des tirs de l’artillerie américaine, basée à Lewiston, et grimpe au sommet des hauteurs de Queenston. La majorité de l’armée américaine y est postée, coincée par un petit groupe de guerriers mohawks et delawares. Les renforts américains n’arrivent pas, car bon nombre de miliciens rassemblés à Lewiston refusent de traverser la frontière.

Rejoint par les forces britanniques venant de Chippawa, Sheaffe tire une salve de projectiles et lance une attaque à la baïonnette contre les Américains. Paniquée, l’armée américaine, mal entraînée et démoralisée, prend la fuite. Bon nombre de soldats trouvent la mort alors qu’ils descendent l’escarpement ou traversent à la nage les rapides de la rivière Niagara pour se mettre à l’abri. Plus de 900 des quelque 1 400 Américains qui prennent part à la bataille sont faits prisonniers. Les Britanniques ne sont pourtant pas plus nombreux que les Américains.

La bataille de Queenston Heights constitue une importante victoire pour les Britanniques, mais la mort d’Isaac Brock représente une perte considérable. La mémoire de Brock continue toutefois d’insuffler aux habitants du Haut-Canada le courage de défendre leurs terres contre les nombreuses invasions américaines qui suivront.

Auteur : Ronald D.J. Dale

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