Lieu historique national du Canada du Fort-Wellington

Le fort Wellington, désigné lieu historique national en 1920, est l’un des premiers lieux historiques du Canada à être reconnu à l’échelle nationale pour son importance historique. Les Britanniques bâtissent le premier fort Wellington à Prescott, en Ontario, sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent. Construit en 1814 pendant la Guerre de 1812, il sert à protéger un point de transbordement vulnérable en haut d’une série de rapides sur le fleuve. Le second fort, construit dans la foulée des Rébellions de 1837, comprend un nouveau blockhaus et d’autres bâtiments construits à l’intérieur des remparts de terre du premier fort, qui sont aussi remis en état.

En 1923, l’administration du fort Wellington devient la responsabilité du ministère de l’Intérieur, l’ancêtre de Parcs Canada. Le fort est alors converti en parc historique et Walter Webb, vétéran de la Première Guerre mondiale, est le directeur du lieu pendant près de quatre décennies.

De nos jours, le grand blockhaus de pierre, le logement de l’officier et d’autres structures érigées au sein des anciens remparts de terre ont retrouvé leur apparence du milieu des années 1840. Les employés en costume d’époque donnent un aperçu de la vie au fort Wellington, font la démonstration d’armes de l’époque et organisent des activités qui font revivre le fort. Le centre d’accueil, situé à côté du fort, abrite les vestiges d’une canonnière du XIXe siècle typique des embarcations qui auraient été amarrées à Prescott pendant la guerre de 1812.

Historique du fort

Au début de la guerre de 1812, les miliciens de Prescott fortifient la maison de pierre d’un  maître d’école et construisent une batterie d’artillerie sur les rives du fleuve, recyclant un vieux canon français récupéré dans les ruines du fort de Lévi, situé à proximité. Au milieu de l’été, une garnison composée de troupes régulières britanniques s’y installe, et des canonnières britanniques sont basées au quai de Prescott.

De l’autre côté de la rivière, des troupes du 1er Régiment de carabiniers, sous le commandement du capitaine Benjamin Forsyth, et de la milice de New York, dirigées par le brigadier-général Jacob Brown, arrivent à Ogdensburg, dans l’État de New York. Forsyth utilise les fortifications bâties à cet endroit pour lancer plusieurs raids contre les navires marchands britanniques dans les Mille-Îles. En guise de riposte, le colonel britannique Lethbridge mène une attaque amphibie infructueuse sur Ogdensburg à partir de Prescott le 3 octobre 1812. Le 22 février 1813, un raid plus efficace est lancé contre Ogdensburg. Une force composée de troupes régulières et de miliciens dirigée par le major « Red » George MacDonnell traverse le Saint-Laurent gelé pour s’emparer de la ville américaine.

Les Britanniques s’inquiètent de la vulnérabilité de Prescott et se rendent compte de la nature précaire de leur réseau d’approvisionnement. En conséquence, le commandant en chef britannique, le général George Prevost, ordonne la construction d’un poste fortifié armé d’une puissante batterie d’artillerie.

Les travaux commencent en mai 1813. Le fort comporte des remparts de terre qui entourent un blockhaus massif d’un étage. Il est baptisé en l’honneur du duc de Wellington. Sa construction n’est pas encore achevée lors de la Bataille de Crysler’s Farm, mais ses toutes nouvelles pièces d’artillerie contribuent à retarder l’armée américaine. Le fort est achevé vers la fin de 1814 alors que la guerre tire à sa fin.

Le fort Wellington demeure occupé par une garnison britannique après la guerre, mais l’entretien des ouvrages de terre et de rondins est négligé. L’établissement de relations pacifiques avec les États-Unis et la construction d’une nouvelle route d’approvisionnement, le Canal Rideau, rendent le fort superflu. En 1833, le fort est finalement abandonné et tombe en ruines.

Un second fort est construit par les Britanniques en 1838 et 1839 pendant la rébellion dans le Haut-Canada. Il sert de lieu de rassemblement pour la milice et de place forte pour défendre la frontière. Le fort n’est achevé qu’une fois les hostilités terminées, mais la garnison de Prescott prend tout de même part à la Bataille de Windmill et réussit à contenir une invasion menée par des rebelles. L’armée britannique occupe le fort jusqu’en 1854, puis encore une fois en 1866, mais le quitte définitivement en 1869. Le fort devient alors un entrepôt de la milice locale.

Auteur : Ronald J. Dale

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